Zola, Pot-Bouille
Le contexte en trois minutes
Voici en trois minutes tous les éléments de contexte utiles pour comprendre Pot-Bouille de Zola, et rédiger tes accroches.
Naissance du projet naturaliste
Grand admirateur de Balzac, Zola commence en 1871 une grande fresque de 20 volumes pour représenter son époque ! Les Rougon-Macquart lui demanderont plus de 20 ans de travail.
Le sous-titre est révélateur : « Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire ». « Naturelle » ? Pour les facteurs héréditaires. « Sociale » ? Pour les déterminismes du milieu.
Dans une série d’articles regroupés sous le titre Le Roman expérimental, Zola s’inspire des méthodes du médecin Claude Bernard pour fonder le mouvement naturaliste : le romancier observe la société et expérimente sur ses personnages.
En 1876, il représente la condition des ouvriers dans L’Assommoir entre exploitation, misère et alcoolisme. Mais Zola veut aussi explorer d’autres milieux, comme la bourgeoisie parisienne…
Le contexte social et historique
Lorsqu’il est journaliste au Figaro, Zola rédige des articles qui préparent son futur roman, et où il écrit par exemple :
Si dans le peuple le milieu et l'éducation jettent les filles à la prostitution, dans la bourgeoisie, [ils] les jettent à l'adultère.
Émile Zola, Le Figaro, « l’Adultère dans la bourgeoisie », mars 1881.
Pot-Bouille paraît en 1882, mais se déroule 20 ans plus tôt, en plein dans le Second Empire (entre le coup d’État de Napoléon III en 1851 et la fin de la guerre contre la Prusse en 1870).
Or à cette époque, les grands travaux d’Haussmann ont bouleversé Paris. Ça nous intéresse parce que l’immeuble rue de Choiseul représente bien l’organisation sociale de l’époque : les plus riches au rez-de-chaussée, les domestiques au 5e étage.
Mais notre roman est aussi marqué par l’époque de sa publication : après la fin du Second Empire en 1870, la Troisième République voit naître de grandes lois fondatrices comme l’institution de l’école publique, laïque et obligatoire en 1881.
Quand les personnages de Pot-Bouille débattent de l’éducation des filles, cela évoque bien les débats qui précèdent le vote de la loi Camille Sée de 1880.
Procès de Pot-Bouille
Dans ce contexte, notre roman Pot-Bouille va connaître un destin particulier ! Il est d’abord publié en feuilleton dans Le Gaulois début 1882, avant d’être édité en volume.
Or voilà qu’un avocat, Charles Duverdy, se reconnaît dans un personnage, et attaque Zola en justice. Le procès dérive sur des questions littéraires : jusqu’où l’écrivain peut-il emprunter des éléments à la réalité ? Le projet naturaliste est-il immoral ?
Zola, avait déjà une réputation sulfureuse ! Il se défend, mais il doit finalement rebaptiser son personnage « Duveyrier ».
Et pourtant, malgré toutes les critiques, cette affaire judiciaire aura finalement contribué au succès du roman, et au retentissement du mouvement naturaliste.
Et après Pot-Bouille ?
Après Pot-Bouille, Zola poursuit les Rougon-Macquart et achève le cycle en 1893. Son œuvre est satirique, il fait des constats accablants, mais en même temps, Zola reste convaincu que la représentation de la vérité finira par améliorer la société.
Il finit son œuvre avec ces quatre titres : Fécondité, Travail, Vérité et Justice qu’il nomme ses Quatre évangiles. Mais le dernier tome restera inachevé.
Enfin, on retrouve ce même engagement pour la vérité et la justice quand il prend la défense du capitaine Alfred Dreyfus dans son article « J’accuse » en 1898. Suite à cette affaire, Zola doit s’exiler un temps en Angleterre.
En 1902, il meurt par asphyxie ce qui laisse encore aujourd’hui ouverte la thèse d'un assassinat. Lors de son enterrement, la foule scande « Germinal ! » Il entre au Panthéon en 1908.
Caricature de Zola dans Pot-Bouille (version restaurée).