Couverture pour #1 Analyser la structure du texte

À quoi rattacher
les liens logiques ?




📐 À quels effets peut-on simplement rattacher les connecteurs logiques d’un extrait ?

Comment les mettre en valeur pour proposer une analyse percutante en commentaire littéraire ?

On va tout de suite voir ensemble comment repérer ces procédés, quels sont leurs effets, avec des exemples littéraires.

Un rôle structurant



📐 D'abord, les liens logiques sont structurants : ils balisent le texte, et bien souvent, ils en dessinent parfaitement la progression, ce qu’on appelle les mouvements.

Prenons par exemple la réplique de l'Agneau chez La Fontaine :
— [...] Que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.


D'abord, l'agneau s'adresse au loup, et lui annonce son propos principal, sa thèse : il n'y a pas de raison de se fâcher.

Ensuite, le lien d'opposition « Mais plutôt » introduit l'argument, très concret, le sens du courant de la rivière.

Enfin, le lien de conséquence « par conséquent » introduit la conclusion. On a ici en raccourci un très beau raisonnement bien structuré en trois mouvements.

Variété des liens logiques



📐 Alors, à quelles logiques rattacher ces connecteurs ?

Chronologie



D’abord, à la chronologie. Ils organisent les étapes d’un récit ou d’un raisonnement : « d'abord, puis, ensuite, enfin, … »

Addition



Mais aussi, les liens d’addition servent à énumérer des objets ou des arguments : « et, de plus… ». Certains ont en plus un rôle organisateur : « d'une part... d'autre part… »

Opposition



Très utiles pour créer des effets de contraste, réfuter, atténuer, nuancer… les liens d'opposition : « mais, cependant, néanmoins, pourtant, en revanche, toutefois… »

Conséquence



Tiens, ce « donc » est justement un lien de conséquence ! Pour tirer une conclusion, montrer le résultat d'un raisonnement : « donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent, si bien que… »

Cause



Dans l’autre sens, les liens de cause remontent en arrière pour apporter une explication ou même une preuve : « car, parce que, en effet, puisque, grâce à, en raison de… »

Je te laisse télécharger la fiche pour avoir la liste complète.

Figures de style



La polysyndète



📐 Certaines figures de style dépendent directement de l’emploi ou non des liens logiques. La polysyndète par exemple, c’est la multiplication de liens logiques non nécessaires.

Par exemple quand la Grenouille veut se faire aussi grosse que le bœuf :
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,


À travers ces conjonctions de coordination dont au moins la première est superflue, la syntaxe mime les efforts de cette petite grenouille qui essaye de prendre de l’ampleur !

L’asyndète



📐 À l’inverse, quand les liens logiques sont volontairement supprimés, c’est une asyndète : l’effet de raccourci invite le lecteur à restituer le raisonnement et ainsi, à se l’approprier.

Par exemple dans l’argumentation du Chien qui veut convaincre le Loup de suivre son mode de vie :
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin.


Après le lien de cause « car », le chien pourrait utiliser des liens d’addition : « et en plus il vous faut tout obtenir… »

Les liens de conséquence sont aussi implicites : « En effet, suivez-moi, et ainsi, vous aurez un meilleur destin… »

Petite remarque ici : cette figure de style participe à ce qu’on appelle, un style elliptique, qui est parfois aussi accompagné d’une parataxe : plusieurs propositions sont juxtaposées.


Mosaïque de Pompéi, Chien en laisse (retouché), Ier siècle.

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