Couverture pour Dissertation au bac de français

Éviter les pièges en dissertation



Aujourd’hui, je veux te parler de trois pièges fréquents en dissertation. Si tu les évites, tu peux vraiment faire la différence.

D’abord, rassure-toi : il suffit d’appliquer quelques principes simples pour éviter de tomber dans ces pièges.

Premier piège



Premier piège : en dire trop. Autrement dit, faire du hors-sujet. Ce piège se trouve surtout dans les sujets dits « thématiques », parce qu’ils encadrent fortement la réflexion.

Prenons un exemple avec Le Menteur de Corneille : « En quoi les mensonges de Dorante sont-ils au service du théâtre ? »

Ici, le sujet est très précis, on te demande de parler des mensonges, uniquement des mensonges de Dorante… et de montrer leur intérêt théâtral. Ça fait beaucoup de restrictions !

Le danger, ça sera donc de s’éloigner de ce cadre. Par exemple, parler du mensonge en général, ou développer le comique sans lien avec le mensonge : ce serait déjà du hors-sujet.

Mais attention : respecter le cadre ne veut pas dire être pauvre dans l’analyse. Au contraire, il faut exploiter au maximum les notions du sujet, tester ses limites.

Par exemple, tu peux montrer que les mensonges de Dorante s’inscrivent dans une société de faux-semblants. On retrouve ici l’idée baroque de theatrum mundi, le monde est un théâtre où chacun joue un rôle.

Ensuite, « au service du théâtre », ça t’invite à réfléchir aux fonctions du théâtre. Le mensonge divertit : il crée des situations comiques, des quiproquos, du plaisir pour le spectateur.

Mais le théâtre doit aussi, traditionnellement, « corriger les mœurs ». Dorante n’est pas puni à la fin, mais on voit bien que son talent est impossible à reproduire en réalité, et d’ailleurs sans le quiproquo initial, l’histoire aurait très bien pu fort mal se terminer pour Dorante !

Le mensonge interroge donc le théâtre lui-même : le spectateur sait, ou devine parfois que Dorante ment, et d’autre fois non. Il devient un actif, lucide, ou il se laisse surprendre. On participe à une grande réflexion sur l’illusion théâtrale.

Tu vois : on est resté dans le cadre du sujet, mais on l’a exploré en profondeur, en testant au maximum les limites des notions.

Deuxième piège



Deuxième piège… À l’inverse : ne pas en dire assez. Ce piège concerne plutôt les sujets dialectiques, ceux qui posent une question fermée. Par exemple, avec La Boétie : « Est-ce que ce discours nous invite à défendre et entretenir la liberté ? »

Le réflexe ici, serait de répondre seulement à l’affirmative. C’est une réponse pertinente, mais insuffisante. Un sujet dialectique exige une discussion.

Mais on ne va pas non plus se contredire. Une antithèse, ce n’est pas dire l’inverse de la thèse. C’est montrer qu’elle ne suffit pas, on va ouvrir nos horizons.

Dans notre exemple, tu peux montrer d’abord que La Boétie défend la liberté, en dénonçant la tyrannie, en appelant à la prise de conscience, en valorisant l’éducation et l’autonomie.

Mais ensuite, tu peux montrer que cette défense de la liberté mobilise aussi des valeurs comme l’égalité, la fraternité, le bonheur… Et on pourra en troisième partie parler de la dimension humaniste du discours.

Les correcteurs constatent souvent que les élèves restent sur une seule idée, ou opposent deux idées frontalement, alors que le sujet les invite à élargir leur réflexion.

Troisième piège



Le troisième piège est lié aux deux autres : en testant les limites des notions, et en amenant de nouvelles idées, tu risques de les juxtaposer, de créer un effet « catalogue ».

Pour éviter ça, veille à ce que chaque nouvelle idée soit reliée à la précédente. D’où l’importance des transitions : elles montrent que ta réflexion progresse.

Interroge toi donc à chaque partie et chaque sous-partie : est-ce que j’explore une nouvelle dimension du sujet ? C’est comme ça que tu éviteras naturellement ces trois pièges.

Tu as tout ce qu’il faut pour réussir, alors fais-toi confiance et fonce !