Couverture pour DĂ©claration des Droits de la Femme et de la Citoyenne

Gouges, La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Combat pour l’égalité ?
Dissertation bac corrigée




Imaginons que vous avez ce sujet le jour du bac :
« Le combat d’Olympe de Gouges dans sa DĂ©claration des droits de la Femme et de la citoyenne ne vise-t-il qu’à dĂ©fendre l’égalitĂ© entre les hommes et les femmes ? »

Comment répondre parfaitement à un tel sujet ? Dans cette vidéo, je vais vous guider pas à pas pour analyser le sujet, et concevoir chaque partie de la dissertation, en suivant les étapes de ma méthodologie


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Analyse du sujet



Dans le sujet, on retrouve bien dans ce mot « combat » l’objet d’étude « La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe au XVIIIe siĂšcle ». Le texte d’Olympe de Gouge appartient Ă  la littĂ©rature engagĂ©e, elle mobilise des arguments, des exemples pour convaincre, mais on le verra aussi, des Ă©motions pour persuader.

Comme cela arrive souvent, notre sujet dĂ©passe ici le cadre du parcours associĂ© « Combattre pour l’égalitĂ© », avec la question sous forme de restriction : « ce combat ne vise-t-il qu’à dĂ©fendre l’égalitĂ© ? » On va donc montrer qu’Olympe de Gouges va plus loin : il ne s’agit pas seulement de dĂ©fendre, mais d’obtenir et de conserver quelque chose qui est en fait bien plus qu’une stricte Ă©galitĂ©.

La problématique et le plan



Maintenant qu’on a dĂ©fini les termes importants, on peut reformuler le sujet de diffĂ©rentes maniĂšres pour faire surgir une problĂ©matique : Est-ce que la DĂ©claration des droits de la Femme et de la citoyenne n’est que la dĂ©fense d’une stricte Ă©galitĂ© entre les hommes et les femmes ?

Le plan dialectique arrive alors naturellement. D’abord, en effet, la DĂ©claration des Droits de la femme et de la citoyenne est une vĂ©ritable dĂ©fense de cette valeur d’égalitĂ©, dans tous les domaines, qu’il s’agit de conquĂ©rir et de conserver.
⇹ I. Combattre pour dĂ©fendre et conserver l’égalitĂ©

Mais ce n’est pas tout, Olympe de Gouges va plus loin, elle veut impliquer les femmes dans son combat afin de remettre en cause la domination masculine : les femmes doivent faire reconnaĂźtre leur rĂŽle fondateur dans la famille et la sociĂ©tĂ©, participer au pouvoir.
⇹ II. Combattre pour rendre leur pouvoir aux femmes

Et pourtant, l’objectif final d’Olympe de Gouges n’a rien de conflictuel, ce qu’elle vise, au-delĂ  de l’égalitĂ©, c’est l’instauration d’autres valeurs importantes, hĂ©ritĂ©es des LumiĂšres : la libertĂ©, la justice, une organisation de la sociĂ©tĂ© fondĂ©e sur la Raison.
⇹ III. Combattre pour instaurer une sociĂ©tĂ© harmonieuse

Élaborer l’introduction



Tout d’abord, nous avons besoin d’une accroche qui nous permette d’avancer l’idĂ©e que la notion d’égalitĂ© est au cƓur des prĂ©occupations d’Olympe de Gouges. On pourrait Ă©voquer les nombreuses causes qu’elle dĂ©fend, que ce soit au thĂ©Ăątre, dans les journaux, et mĂȘme sur les murs de Paris dans un contexte rĂ©volutionnaire.

Mais pour notre dissertation, je trouve qu’il est particuliĂšrement intĂ©ressant de parler des idĂ©aux universels portĂ©s par la RĂ©volution française, parce que c’est justement ce qui amĂšne Olympe de Gouges Ă  revendiquer l’égalitĂ©. Ce terme Homme (qui dĂ©signe tous les ĂȘtres humains) devrait impliquer aussi les femmes, or, elle constate qu’il n’en est rien. VoilĂ  une bonne entrĂ©e en matiĂšre.

Dans le contexte de la RĂ©volution française, la DĂ©claration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 a dĂ©jĂ  une dimension universelle, elle concerne tous les ĂȘtres humains. Quand Olympe de Gouges rĂ©Ă©crit cette dĂ©claration pour les femmes, elle met au dĂ©fi les hommes de la RĂ©volution française d’appliquer leurs propres principes aux femmes Ă©galement.

Maintenant, il s’agit de relier l’Ɠuvre au sujet, en dĂ©finissant rapidement les termes importants que nous avons identifiĂ©s, et que nous allons discuter tout au long du devoir :

La rĂ©Ă©criture d’Olympe de Gouges va donc beaucoup plus loin qu’une simple substitution de termes : sa DĂ©claration des Droits de la femme et de la citoyenne illustre en fait un engagement, une vĂ©ritable lutte qui prend en compte toutes les dimensions de la condition fĂ©minine de son Ă©poque, et qui a un objectif trĂšs Ă©levĂ©.

Comme tous les termes du sujets sont bien explicitĂ©s dans cette derniĂšre phrase, la problĂ©matique arrive trĂšs naturellement, comme une question qu’on ne peut s’empĂȘcher de poser :

DĂšs lors, on peut se demander si le combat d’Olympe de Gouges dans sa DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne ne vise qu’à obtenir l’égalitĂ© entre les hommes et les femmes.

Maintenant, le plan répond à la problématique avec un véritable raisonnement logique. La deuxiÚme partie nuance et approfondit la premiÚre. La troisiÚme partie dépasse les deux autres pour montrer comment les notions du sujet participent à un projet plus large.

Certes, Olympe de Gouges dĂ©fend une stricte Ă©galitĂ© entre les hommes et les femmes : il s’agit non seulement d’obtenir cette Ă©galitĂ© dans tous les domaines, mais aussi de la conserver. Cependant, ce combat donne avant tout la parole aux femmes, qui dĂ©montrent leur rĂŽle prĂ©Ă©minent dans la sociĂ©tĂ©, pour reprendre un pouvoir que les hommes exercent abusivement. Finalement, au-delĂ  d’une simple revendication d’égalitĂ©, ces combats visent un objectif plus large et plus apaisĂ© : l’instauration d’une sociĂ©tĂ© harmonieuse, oĂč chacun puisse trouver sa place.

Maintenant que l’introduction est parfaitement rĂ©digĂ©e, c’est le moment de mobiliser toutes les idĂ©es sur plusieurs feuilles de brouillon. Notre raisonnement s’organise en trois parties, mais si on manque de temps ou d’exemples, il peut tout Ă  fait se prĂ©senter en deux parties, avec une troisiĂšme sous-partie moins Ă©toffĂ©e.

Notre premiĂšre partie, c’est donc la thĂšse qui se trouve dans notre sujet : le combat d’Olympe de Gouges, c’est avant tout un combat pour dĂ©fendre l’égalitĂ©. Et on va aller loin dans cette idĂ©e, on va montrer qu’il s’agit d’obtenir puis de conserver une Ă©galitĂ© dans tous les domaines : politique, social, familial.

I. Combattre pour dĂ©fendre et conserver l’égalitĂ©



1. Une égalité parfaite devant la Loi



Le fait de remplacer « droits de l’homme » par « droits de la femme », annonce cette Ă©galitĂ© qu’on retrouve ensuite dans la structure mĂȘme du texte : le prĂ©ambule « Homme, es-tu capable d’ĂȘtre juste » renvoie au postambule : « femme, rĂ©veille-toi ».

Cette égalité se retrouve dans les figures de parallélisme : les droits et devoirs concernent les hommes comme les femmes.
Cette déclaration [...] rappelle sans cesse leurs droits et devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes [...] soient respectés.

Pour Olympe de Gouges, les droits, les devoirs et mĂȘme les tĂąches et sanctions s’appliquent Ă©galement Ă  tous :
Les femmes obĂ©issent comme les hommes Ă  cette loi rigoureuse. [...] Pour l’entretien de la force publique [...] les contributions de la femme et de l’homme sont Ă©gales.

Olympe de Gouges compare alors les pouvoirs législatif et exécutif à deux époux qui décident et agissent ensemble.
Je considĂšre ces deux pouvoirs, comme l'homme et la femme qui doivent ĂȘtre unis, mais Ă©gaux en force et en vertu, pour faire un bon mĂ©nage.

AprĂšs avoir ainsi dĂ©montrĂ© que l’égalitĂ© est un principe de justice, Olympe de Gouges va plus loin : dĂ©clarer les droits des femmes, c’est plus qu’une simple Ă©nonciation de ces droits.

2. DĂ©clarer pour obtenir et conserver l’égalitĂ©



DeuxiĂšme idĂ©e : quand Olympe de Gouges dĂ©clare les droits de la femme, il s’agit surtout de les rendre effectifs. C’est ce qu’on appelle un Ă©noncĂ© performatif (la parole a la valeur d’un acte). Le texte aspire Ă  une valeur juridique.
Exposer dans une déclaration solemnelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, [...] fondées désormais sur des principes simples et incontestables.

L’adverbe « dĂ©sormais » exprime bien ce passage de la dĂ©claration Ă  l’institution. Les adjectifs « naturels, inaliĂ©nables, incontestables, sacrĂ©s » prennent alors un sens trĂšs fort. Notamment les nĂ©gations lexicalisĂ©es : on ne peut plus les contester, les aliĂ©ner (les abolir).

Enfin, dĂ©fendre l’égalitĂ©, c’est non seulement la dĂ©clarer, la rendre rĂ©elle, mais aussi, se donner les moyens de la protĂ©ger. C’est le sens des deux premiers articles :
Article 1. La femme naĂźt libre et demeure Ă©gale Ă  l’homme [...]
Article 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits.


Le domaine politique permet d’instituer, mais surtout de protĂ©ger une Ă©galitĂ© qui se dĂ©ploie dans d’autres domaines, social, familial.

3. DĂ©fendre l’égalitĂ© sur tous les plans (politique, social, familial).



TroisiĂšme idĂ©e : pour Olympe de Gouges, les hommes comme les femmes ont un rĂŽle Ă  jouer dans l’administration publique, sans discrimination de sexe :
Toutes les citoyennes et [...] citoyens, Ă©tant Ă©gaux [...], doivent ĂȘtre Ă©galement admissibles Ă  toutes dignitĂ©s, [...] sans autres distinctions que celles de leurs [...] talents.

Cette Ă©galitĂ© dans les tĂąches de l’État a des consĂ©quences : elle fait de la Nation elle-mĂȘme une association entre l’homme et la femme.
Le principe de toute souverainetĂ© rĂ©side essentiellement dans la Nation, qui n’est que la rĂ©union de la Femme et de l’Homme.

On retrouve cette mĂȘme idĂ©e dans la derniĂšre partie de notre texte « Forme du contrat social de l’homme et de la femme ». Cette Ă©galitĂ© parfaite se retrouve au niveau familial :
Nous N et N, mus par notre propre volonté, nous unissons pour le terme de notre vie [...] Nous entendons et voulons mettre nos fortunes en communauté.

Transition



La volontĂ© d’obtenir et de conserver l’égalitĂ© dans tous les domaines est bien prĂ©sente, mais elle nĂ©cessite d’abord de dĂ©noncer le pouvoir des hommes, et mĂȘme, de montrer le rĂŽle prĂ©Ă©minent des femmes dans la sociĂ©tĂ©.

II. Combattre pour rendre leur pouvoir aux femmes



1. S’adresser aux femmes



Pour s’adresser aux femmes, Olympe de Gouges utilise une belle image : le tocsin (cloche qui sonne pour alerter la population d'un danger). Par cette mĂ©taphore, elle se fait lanceuse d’alerte. Elle utilise des impĂ©ratifs, qui invitent les femmes Ă  se mobiliser.
Femme, réveille-toi, le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'Univers, reconnais tes droits.

Ainsi, l’avĂšnement d’une vĂ©ritable Ă©galitĂ© passe nĂ©cessairement par la libertĂ© d’expression. Olympe de Gouges rĂ©clame ce droit pour les femmes, c’est un droit qui prĂ©cĂšde tous les autres :
La femme a le droit de monter Ă  l'Ă©chafaud ; elle doit Ă©galement avoir celui de monter Ă  la Tribune.

Et en effet, Olympe de Gouges utilisait tous les moyens d’expression : journaux, thĂ©Ăątre, et mĂȘme les murs de Paris. Pour que les femmes puissent s’exprimer, il faut aussi qu’elles soient Ă©duquĂ©es :
Puisqu'il est question, en ce moment, d’une Ă©ducation nationale, voyons si nos sages LĂ©gislateurs penseront sainement sur l’éducation des femmes.

On entend bien une pointe d’ironie quand elle Ă©voque les « sages administrateurs » cela nous mĂšne Ă  la deuxiĂšme idĂ©e : les femmes doivent d’abord dĂ©noncer la domination masculine pour reprendre le pouvoir aux hommes.

2. DĂ©noncer la tyrannie des hommes



Olympe de Gouges lance un vĂ©ritable dĂ©fi Ă  l’homme : « es-tu capable d’ĂȘtre juste ? » La question est rhĂ©torique (la rĂ©ponse est implicite) : non, les femmes doivent obtenir la justice par elles-mĂȘmes. VoilĂ  pourquoi elle ajoute l’adverbe « surtout » dans l’Article 2 :
Ces droits sont la libertĂ©, la propriĂ©tĂ©, la sĂ»retĂ©, et surtout la rĂ©sistance Ă  l’oppression.

Olympe de Gouges a Ă©tĂ© guillotinĂ©e le 3 novembre 1793 parce qu’elle critiquait le gouvernement de la Terreur. Et en effet pour elle, l’homme est d’autant plus responsable qu’il s’est libĂ©rĂ© de la tyrannie :
Devenu libre, l’homme est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes ! [...] Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la rĂ©volution ? Un mĂ©pris plus marquĂ©, un dĂ©dain plus signalĂ©.

Et en effet à ses yeux, le pouvoir arbitraire des tyrans, aprÚs la révolution, est remplacé par la domination masculine :
Il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles.

Sa rĂ©Ă©criture suggĂšre mĂȘme qu’un gouvernement masculin, sans participation des femmes, ne peut ĂȘtre que corrompu :
L'oubli ou le mépris du droit des femmes sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements.

Comment cela peut-il s’expliquer ? Olympe de Gouges rĂ©pond Ă  cette question : les femmes fondent la famille et la sociĂ©tĂ©, c’est donc une grave erreur de les exclure de l’exercice politique.

3. Les femmes fondent la société avant les hommes



Quand Olympe de Gouges dĂ©die son texte Ă  Marie-Antoinette, la reine de France, elle s’adresse avant tout Ă  elle comme « mĂšre et Ă©pouse ». De mĂȘme, quand elle rĂ©clame la prĂ©sence des femmes Ă  l’AssemblĂ©e nationale, elle les dĂ©signe par leurs liens familiaux :
Les mĂšres, les filles, les sƓurs, reprĂ©sentantes de la nation, demandent Ă  ĂȘtre constituĂ©es en AssemblĂ©e nationale.

Souvent, Olympe de Gouges rappelle ce rÎle prééminent des femmes. Par la maternité, elles fondent la famille et donc la société entiÚre.
Le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaßt et déclare (...) les Droits suivants de la femme et de la Citoyenne.

Dans la sphĂšre privĂ©e, Olympe de Gouges dĂ©nonce une sociĂ©tĂ© qui se dĂ©sintĂ©resse du sort des enfants naturels. Elle appelle de ses vƓux une loi qui force les pĂšres Ă  reconnaĂźtre leurs enfants.
Lorsqu'il y aura une loi qui favorisera la femme du pauvre Ă  faire adopter au riche ses enfants, les liens de la sociĂ©tĂ© seront plus resserrĂ©s, et les mƓurs plus Ă©purĂ©es.

Transition


Le combat d’Olympe de Gouges pour l’égalitĂ© va donc plus loin : il s’agit de dĂ©noncer les abus des hommes pour redonner aux femmes le pouvoir qui leur revient. Mais ces conflits qui sont inĂ©vitables visent en fait un but plus Ă©levĂ© : une sociĂ©tĂ© plus harmonieuse.


III. Combattre pour instaurer une société harmonieuse



1. Revendiquer les valeurs des LumiĂšres



C’est dans la Nature elle-mĂȘme qu’Olympe de Gouges trouve le modĂšle d’harmonie qu’elle revendique. L’idĂ©e qu’il y a un ordre naturel « sage » est une idĂ©e des LumiĂšres.
Partout [les deux sexes] coopĂšrent avec un ensemble harmonieux Ă  ce chef-d'Ɠuvre immortel. L’homme seul s’est fagotĂ© un principe de cette exception.

Tout au long de son texte, Olympe de Gouges développe la métaphore des LumiÚres « flambeau de la vérité » dissipant « les nuages de la sottise ». Finalement, la véritable égalité consiste à établir des limites légitimes et rationnelles aux libertés de chacun :
L’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpĂ©tuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent ĂȘtre rĂ©formĂ©es par les lois de la nature et de la raison.

HĂ©ritiĂšre des LumiĂšres, Olympe de Gouges est optimiste : pour elle la vĂ©ritĂ© et la justice ne peuvent que l’emporter Ă  la fin. C’est un argument qu’elle adresse Ă  la reine :
À la Reine : « Il n'appartient qu'Ă  [vous] d'en accĂ©lĂ©rer le succĂšs »

La Raison, la VĂ©ritĂ©, la Justice, sont des valeurs trĂšs fortes qui finiront par triompher des intĂ©rĂȘts particuliers, et qui permettront de mettre en place une sociĂ©tĂ© harmonieuse.

2. Une société harmonieuse, plus juste pour tous



En Ă©crivant sa dĂ©claration et en proposant un « contrat social » entre l’homme et la femme, Olympe de Gouges dĂ©passe le pamphlet (revendicateur, polĂ©mique). La valeur de fraternitĂ© est bien prĂ©sente dans son texte :
Cette chaĂźne d’union fraternelle offrira d’abord le dĂ©sordre, mais par les suites, elle produira Ă  la fin un ensemble parfait.

Pour convaincre la reine, elle lui montre l’importance de l’amour du peuple français. Elle prĂ©sente le bonheur collectif comme plus dĂ©sirable mĂȘme que les intĂ©rĂȘts individuels :
Madame, notre vie est bien peu de chose, surtout pour une reine, quand cette vie n’est pas embellie par l’amour des peuples. [...] Tout bon citoyen sacrifie sa gloire, ses intĂ©rĂȘts, pour sa Nation.

Olympe de Gouges conçoit alors la Nation comme un tout harmonieux : pour bien fonctionner, il faut que la constitution prévoie un gouvernement représentatif des françaises et des français.
La Constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n'a pas coopéré à sa rédaction.

Le propos d’Olympe de Gouges dĂ©passe alors la lutte fĂ©ministe : tous les membres de la sociĂ©tĂ© sont impliquĂ©s dans les dĂ©cisions collectives, personne ne doit ĂȘtre laissĂ© de cĂŽtĂ©.

3. Rendre les mƓurs plus douces et dĂ©fendre les plus dĂ©munis



Olympe de Gouges utilise parfois le registre pathétique, notamment pour montrer à quel point les choix collectifs ont des conséquences sur les destins individuels :
Une jeune personne sans expérience, séduite par un homme [...] abandonnera ses parents pour le suivre, l'ingrat la laissera aprÚs quelques années !

Ce sont donc les lois qui doivent prévenir et corriger ces injustices. Olympe de Gouges pense aux veuves, aux filles-mÚres, aux prostituées, aux enfants naturels :
Je voudrais une loi qui avantageĂąt les veuves et les demoiselles trompĂ©es par les fausses promesses d’un homme [...]. Je voudrais, [...] que cette loi forçùt un inconstant Ă  [...] une indemnitĂ© proportionnĂ©e Ă  sa fortune.

Enfin, elle porte son regard jusque dans les colonies. TrĂšs attachĂ©e Ă  la lutte contre l’esclavage, elle considĂšre qu’un pouvoir abusif ne peut que produire le malheur public, la division et la discorde.
Il Ă©tait bien nĂ©cessaire que je dise quelques mots [...] en faveur des hommes de couleur, dans nos Ăźles. [...] C’est lĂ  oĂč la raison et l’humanitĂ© n’ont pas encore touchĂ© les Ăąmes endurcies [...] oĂč la division et la discorde agitent leurs habitants.

Conclusion



Bilan



En conclusion, un bilan rĂ©pond Ă  la problĂ©matique en reprenant tout le dĂ©veloppement du devoir : le plus simple, c’est de reprendre l’annonce de plan, mais de maniĂšre plus complĂšte, sans exemples. On n’apporte pas non plus d’idĂ©e nouvelle, on se contente de passer Ă  travers toutes les portes dĂ©jĂ  ouvertes.

Dans ce texte engagĂ©, Olympe de Gouges lutte avant tout pour obtenir une stricte Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes face Ă  la loi : une Ă©galitĂ© politique, sociale, familiale, et surtout, une Ă©galitĂ© durable. Elle doit donc s'accompagner de moyens de rĂ©sistance Ă  l'oppression. Ainsi, cette quĂȘte d'Ă©galitĂ© s'accompagne d'une vĂ©ritable lutte qui favorise la parole des femmes et dĂ©nonce un pouvoir masculin abusif et corrupteur. Les femmes ont un rĂŽle fondateur dans la sociĂ©tĂ© : en tant que mĂšres, filles, sƓurs, elles rĂ©clament des lois pour protĂ©ger la cellule familiale et la douceur des mƓurs. Finalement, le combat d'Olympe de Gouges pour l'Ă©galitĂ© des hommes et des femmes participe Ă  un projet plus vaste, la mise en place d'une sociĂ©tĂ© plus juste et harmonieuse, oĂč chacun peut s'exprimer et trouver sa place.

Ouverture



Pour l’ouverture, l’astuce est d’insister sur la derniĂšre idĂ©e, en montrant qu’on la retrouve plus tard, chez d’autres artistes, ou dans d’autres circonstances. Par exemple, on pourrait ici parler de la lutte des femmes pour obtenir le droit de vote.

Au dĂ©but du XXe siĂšcle, les femmes n’ont toujours pas le droit de vote. En ce sens, le mouvement des suffragettes hĂ©rite bien de la pensĂ©e d’Olympe de Gouges. Elles parviennent Ă  obtenir le droit de vote en 1918. Mais il faudra attendre 1944 en France.




Vigée Lebrun, Portrait d'une jeune femme (retouché), 1797.

⇹ * De Gouges, đ˜‹Ă©đ˜€đ˜­đ˜ąđ˜łđ˜ąđ˜”đ˜Ș𝘰𝘯... 🧠 Combat pour l'Ă©galitĂ© ? (Diaporama de la vidĂ©o tĂ©lĂ©chargeable au format PDF) *

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