Résumé-Analyse
de Bel-Ami de Maupassant



Première partie



Chapitre 1



Le 28 juin 1880, Georges Duroy, ancien sous-officier, se promène sur les boulevards parisiens. Dès le début, Maupassant nous laisse deviner que ce personnage haut en couleur va nous faire découvrir les dessous de la société parisienne.

Pour en savoir plus, je vous invite à regarder sur mon site l'analyse de texte en vidéo du tout début du roman, Partie 1, chapitre 1.

* * *

En arrivant au coin de la place de l'Opéra, il rencontre un ancien camarade des hussards, Charles Forestier :
— Je dirige la politique à La Vie Française, mais j'ai une poitrine en papier mâché maintenant, je tousse six mois sur douze [...] Et toi, qu'est-ce que tu fais à Paris ?
— Je crève de faim, tout simplement. Voilà six mois que je suis employé aux bureaux du chemin de fer du Nord, à quinze cent francs par an, rien de plus.
— Pourquoi n'essaierais-tu pas du journalisme ? Je pourrais t'employer à aller me chercher des renseignements.


Forestier emmène alors Duroy dans les locaux de La Vie Française. Il lui montre deux personnages :
— C'est Jacques Rival, tu sais, le fameux chroniqueur duelliste. Un homme brillant.
— Et là, Norbert de Varenne, le poète, l'auteur des Soleils Morts, encore un homme dans les grands prix.


* * *

Ensuite, ils se rendent ensemble aux folies Bergères. Duroy est abordé par deux femmes, une blonde et une brune. Forestier remarque :
— Dis-donc mon vieux, sais-tu que tu as vraiment du succès auprès des femmes ? Il faut soigner ça. Ça peut te mener loin.

Pour lui permettre de rencontrer son directeur, il l'invite à dîner chez lui le lendemain, et lui donne deux louis pour qu'il s'achète un costume. Après son départ, Duroy en dépense un louis avec la brune.

Chapitre 2



Le lendemain soir, Georges Duroy se rend chez Forestier dans un costume loué. Mal à l'aise, il s'étonne de croiser son reflet dans un miroir : il est très élégant.
La figure du double, effrayante dans le Horla, rassurante ici, est une thématique récurrente dans l'oeuvre de Maupassant.

Georges Duroy est accueilli par Madame Forestier, qu'il trouve tout de suite très séduisante. Elle lui présente alors Madame de Marelle, une bonne amie à elle, qui est accompagnée de sa fille Laurine. Arrivent enfin les derniers invités : Jacques Rival, Norbert de Varenne, et le directeur de La Vie Française : M. Walter accompagné par sa femme.

À table, les hommes discutent des colonies. Georges Duroy annonce qu'il est resté 28 mois en Algérie :
— Ce qui manque le plus là-bas, c'est la bonne terre. Les propriétés vraiment fertiles [...] sont achetées, comme placement de fonds, par des Parisiens très riches. Les vrais colons, [...] qui s'exilent faute de pain, sont rejetés dans le désert, où il ne pousse rien.
— Oh ! Vous feriez avec vos souvenirs une charmante série d'articles.
— Oui. Apportez-nous dès demain un premier article sur l’Algérie. [...] Je suis sûr que ça plaira beaucoup.


Après le repas, Georges Duroy parvint à faire un compliment à Mme Forestier, au sujet de ses boucles d'oreille. Elle le remercie, et lui conseille de parler avec Mme Walter.

Il se montre donc charmant avec Mme Walter, puis recommence la même conversation avec Mme de Marelle.
Il avait la parole facile et banale, du charme dans la voix, beaucoup de grâce dans le regard et une séduction irrésistible dans la moustache.

Cette thématique est typique de Maupassant, qui a même écrit une nouvelle intitulée La Moustache.

Il s'attire aussi la sympathie de Laurine, en jouant avec elle, et en la prenant par le bras d'un air sérieux.
— Tiens, elle ne s’est pas sauvée : c’est stupéfiant. Vous êtes irrésistible, monsieur Duroy.

Chapitre 3



Rentré chez lui, Georges Duroy tente d'écrire son article, mais il ne parvient pas à trouver les mots. Le lendemain, il se rend chez Forestier pour lui demander conseil :
— Je connais ça. Mais je n'ai pas le temps ce matin. Va trouver ma femme, elle t’arrangera ton affaire aussi bien que moi !

Mme Forestier lui demande de raconter toute son histoire, puis elle le fait asseoir à la table de travail :
— Supposons que vous adressez à un ami vos impressions, ce qui vous permet d’être naturel et drôle, si nous pouvons.

Et elle lui dicte les premières lignes :
« Mon cher Henry, tu veux savoir ce que c’est que l’Algérie, tu le sauras. Je vais t’envoyer, [...] une sorte de journal de ma vie [...]. Ce sera un peu vif quelquefois, tant pis, tu n’es pas obligé de le montrer aux dames de ta connaissance…»

Pendant que Duroy signe l'article, Madame Forestier lui parle de son amie Madame de Marelle et lui conseille d'aller la voir.

Mais la discussion est interrompue par l'arrivée du Comte de Vaudrec, un ami intime de la famille. Georges Duroy est obligé de partir.

* * *

Son article en poche, Georges Duroy se rend à La Vie Française. Après une longue attente, Forestier l'amène chez le directeur. Occupé à une partie de carte, il accepte l'article de Duroy et il l'engage ! Lorsqu'il quitte le journal, il laisse les rédacteurs en plein concours de bilboquet.

Chapitre 4



Le lendemain, Georges Duroy quitte son travail aux chemins de fer, et retrouve avec joie son article imprimé dans la Vie Française ! Mais Forestier lui reproche de ne pas avoir déjà écrit la suite :
— On doit battre le fer quand il est chaud, que diable !

Il lui présente alors Saint-Potin, et les envoie interroger deux ambassadeurs :
— Vous croyez que je vais aller demander à ce Chinois et à cet Indien ce qu’ils pensent de l’Angleterre ? [...] Ils répondent tous la même chose [...] Je n’ai qu’à reprendre mon article sur le dernier venu. [...] Voilà comment on s’y prend quand on est pratique.

* * *

Cette fois, Georges Duroy ne peut pas compter sur l'aide de Madame Forestier. Il écrit son article tout seul, mais il est refusé à chaque fois.

Il abandonne donc ses Souvenirs d'un chasseur d'Afrique et se consacre entièrement à son travail d'investigation :
Il devint en peu de temps un remarquable reporter, sûr de ses informations, rusé, rapide, subtil.

Sa première paye en poche, il retourne aux Folies Bergères, et passe la nuit avec Rachel, la brune du premier soir. Mais il dépense rapidement tout son argent et se désole de sa misère.

Chapitre 5



Georges Duroy repense à Mme de Marelle, et décide d'aller lui rendre visite. Ils parlent tout de suite avec beaucoup de facilité :
— C’est drôle comme je suis avec vous. Il me semble que je vous connais depuis dix ans. Nous deviendrons, sans doute, bons camarades. Voulez-vous ?
— Mais, certainement !


Il s'entend à merveille avec Laurine, qui l'appelle spontanément « Bel-Ami », Mme de Marelle est enchantée :
— Tiens ! Laurine vous a baptisé ! C’est un bon petit nom d’amitié pour vous, ça ; moi aussi je vous appellerai Bel-Ami !

* * *

Clotilde l'invite à une sortie au restaurant avec les Forestier. Georges est surpris par l'attitude aimable de son collègue :
Forestier lui serra la main avec une familiarité cordiale qu’il ne lui témoignait jamais dans les bureaux de la Vie Française.

Georges Duroy est en verve ce soir là :
— Comme la vie serait pleine de choses charmantes si nous pouvions compter sur la discrétion absolue les uns des autres. [...] Combien de femmes s’abandonneraient [...] à une fantaisie d’amour, si elles ne craignaient de la payer par un scandale irrémédiable !

Au retour, Georges Duroy raccompagne Mme de Marelle, et il l'embrasse dans le fiacre.

* * *

Le lendemain, il commence avec elle une véritable relation :
Il en tenait une, enfin, une femme mariée ! une femme du monde ! [...] Comme ça avait été facile et inattendu !

Ils se retrouvent chez lui pendant quelques temps, mais suite à une altercation avec les voisins, Clotilde décide de prendre à son compte un appartement rue de Constantinople.
Alors commença une série d’excursions dans tous les endroits louches où s’amuse le peuple ; et Duroy découvrit dans sa maîtresse un goût passionné pour ce vagabondage d’étudiants en goguette.

Cependant, à force de sortir, Duroy dépense beaucoup et se retrouve à court d'argent. Il est bien obligé de l'avouer à son amante :
— Il y a que je n’ai pas le sou… Voilà. [...] Comprends-tu ? Pas même de quoi payer un verre de cassis dans un café.

Clotilde se met alors à cacher des pièces de monnaie dans les vêtements de Duroy. D'abord il est furieux, puis il se fait une raison, car elle l'emmène continuellement en sortie sur les boulevards.

* * *

Un soir, il se laisse entraîner aux Folies Bergères. Craignant la réaction de Rachel, il l'ignore. Vexée, elle fait un scandale :
— Mufle ! Quand on couche avec une femme on la salue au moins. [...] Si tu m’avais seulement fait un signe je t’aurais laissé tranquille. Mais t’as voulu faire le fier !

Clotilde est obligée de partir sous les rires des spectateurs. Georges la rattrape dans la rue :
— Ah !… misérable… Quelle honte !… C’est avec mon argent que tu la payais, n’est-ce pas ? Cochon…

Chapitre 6



N'ayant plus l'aide financière de Clotilde, Georges Duroy doit emprunter de l'argent à Forestier qui devient de plus en plus désagréable :
— Cristi, tu es plus bête que je n’aurais cru.

Duroy décide alors de le faire cocu pour se venger. Il se rend aussitôt chez Madame Forestier et lui déclare son amour.
— Mon cher ami, pour moi un homme amoureux est rayé du nombre des vivants, car il devient idiot et dangereux. [...] Je ne serai jamais votre maîtresse. Il est donc absolument inutile de persister dans ce désir… Mais, soyons de vrais amis, sans arrière-pensée.
Il en prit son parti tout de suite, franchement, ravi de pouvoir se faire cette alliée dans l’existence :
— Je suis à vous, madame, comme il vous plaira.


Mme Forestier lui conseille alors d'aller faire un tour chez Madame Walter, pour s'attirer sa bienveillance.

* * *

Après avoir fait porter à Mme Walter un panier de poires prétendument reçues de Normandie, Georges Duroy se rend chez elle. Dans le salon, les femmes parlent des candidats à l'Académie Française.
— Et vous monsieur Duroy, pour qui sont vos préférences ?
— Madame, j'aime autant que vous ce petit jeu très gentil auquel on joue à chaque trépas d’immortel. Choisissez-les donc les plus proches de la mort que possible, et ne vous occupez jamais du reste.


Ce trait d'esprit sera commenté très positivement par les femmes. Deux semaines plus tard, il est nommé chef des Échos, et invité à dîner chez les Walter.

* * *

Avant le passer à table, M. Walter est très fier de montrer ses tableaux à ses invités :
— J’achète des jeunes en ce moment [...] C’est l’instant d’acheter des tableaux vous savez. Les peintres crèvent de faim. Ils n’ont pas le sou…

Duroy n'ose pas aborder Mme de Marelle. Mais elle se comporte comme si aucune rupture n'avait eu lieu :
— Tu ne sais pas l’ennui qui m’arrive, mon chéri ? Voilà mon mari de retour pour six semaines. Mais je ne veux pas rester sans te voir, surtout après notre petite brouille, alors voilà : tu viendras dîner lundi, et je te présenterai à lui. [...] Et pour que ce soit bien naturel, j’aurai aussi les Forestier.

Duroy rentre avec Norbert de Varenne, qui lui raconte sa vision pessimiste de l'existence :
— La vie est une côte. Tant qu’on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux ; mais, lorsqu’on arrive en haut, on aperçoit tout d’un coup la descente, et la fin, qui est la mort. À votre âge, on est joyeux. On espère tant de choses ! Au mien, on n’attend plus rien… que la mort.

* * *

Le lundi suivant, Georges Duroy rencontre le mari de Clotilde
Il regardait la figure sérieuse et respectable du mari [...] et une satisfaction intime, vicieuse, le pénétrait. Il avait envie, tout à coup, de gagner sa confiance.

Lorsque les Forestier arrivent, Charles est pâle et amaigri. Il annonce qu'ils partent pour Cannes, sur ordre du médecin. Avant leur départ, Duroy renouvelle son alliance avec Mme Forestier :
— Vous n’avez pas oublié notre pacte ? Si vous avez besoin de moi, en quoi que ce soit, n’hésitez point, j’obéirai.

Chapitre 7



Au journal, le départ de Charles Forestier donne plus d'importance à Georges Duroy. Mais il est un jour attaqué dans journal concurrent : Selon eux, Duroy couvrirait une affaire de proxénétisme au profit des affaires Walter.

Duroy fait donc son enquête rue de l'Écureuil :
— Moi, arrêtée par un agent des mœurs ? Jamais d’ la vie, mon bon monsieur. C'est mon boucher qui me pèse des déchets [...] nous nous sommes chamaillés et s'est fini chez le commissaire.

Rien à voir avec une affaire de moeurs ! De retour au journal Duroy rédige une réponse où il résume l'histoire.
Mais le journaliste de La Plume l'accuse de mensonge, c'est une attaque directe : Duroy ne peut pas reculer, il doit se battre en duel.

C'est Jacques Rival qui s'occupe de tout organiser.
— Ce Langremont est très carré, il a accepté toutes nos conditions. Vingt-cinq pas, une balle au commandement en levant le pistolet.

Le soir même, Georges Duroy dort très mal, il réalise qu'il a peur de mourir. Quand il voit son visage dans le miroir, il se reconnaît à peine tant il est pâle.

* * *

Le lendemain, il se rend avec Rival et un médecin jusqu'au bois du Vésinet. Les témoins tirent au sort les pistolets, et positionnent les adversaires à 25 pas l'un de l 'autre.

— Feu… »
Il n’écouta rien de plus, il ne s’aperçut de rien, il ne se rendit compte de rien, il sentit seulement qu’il levait le bras en appuyant de toute sa force sur la gâchette.
Ils avaient tiré tous les deux. C’était fini.


Les témoins constatent qu'aucun des deux adversaires n'est blessé. Pour en savoir plus sur ce passage, consultez sur mon site le commentaire de texte en vidéo du chapitre 7, Partie 1.

Chapitre 8



Grâce à son duel, Duroy gagne en réputation. Pour aller avec sa position, il reprend à son compte l'appartement de la rue de Constantinople pour l'habiter.

Un jour, il reçoit une lettre de Mme Forestier : Charles est mourant, et elle lui demande de venir l'assister dans ses derniers moments.

Arrivé au chevet de Charles, effectivement, celui-ci ne pense plus qu'à la mort :
— Combien est-ce que j’en verrai encore, de couchers de soleil ?… quinze, vingt… peut-être trente… pas plus…

Charles songe alors au discours de Norbert de Varenne, qui revient comme un leit-motiv, dès qu'apparaît le thème de la mort.

Georges et Madeleine restent au chevet de Charles jusqu'à son dernier souffle.

Pendant la veillée funèbre, Duroy ouvre la fenêtre et invite la jeune femme à prendre l'air à côté de lui. Puis, en regardant la nuit devant lui, il lui dit :
— Ce n’est point une demande que je vous adresse. Le lieu et l’instant la rendraient odieuse. Mais je tiens à ce que vous sachiez que mon cœur et ma personne sont à vous. [...] Vous me ferez comprendre vos résolutions, à votre retour à Paris.

Après l'enterrement, Madeleine lui propose de faire un tour dans le jardin :
Écoutez, mon cher ami, [...] Le mariage pour moi n’est pas une chaîne, mais une association. Je m’engagerais, bien entendu, à ne jamais compromettre le nom de l’homme que j’aurais épousé [...] Mais il faudrait aussi que cet homme s’engageât à voir en moi une égale, une alliée, et non pas [...] une épouse soumise. Mes idées ne sont pas celles de tout le monde, je le sais, mais je n’en changerai point.
Il lui baisa longuement la main et s’en alla sans prononcer un mot.


Deuxième partie



Chapitre 1



De retour à Paris, Madeleine Forestier demande à Georges Duroy de patienter le temps que son deuil soit terminé. Puis quelques mois plus tard, elle le fait venir :
— Si vous le voulez, nous pourrons nous marier au commencement de mai. Ce serait très convenable.
— J’obéis en tout, avec joie.


Madeleine a une autre demande un peu particulière, elle aimerait porter un nom noble. Ensemble, ils parviennent à trouver un nom à particule, en utilisant le nom du pays de ses parents, Canteleu.
— Duroy de Cantel, Duroy de Cantel, c’est excellent ! Vous verrez comme c’est facile à faire accepter par tout le monde.

* * *

Le lendemain, Duroy, très embarrassé, annonce à sa maîtresse qu'il épouse Madeleine Forestier :
— Que pouvais-je faire ? [...] Je n’ai ni situation ni argent. C’est une associée, une alliée que j’ai trouvée !
— Je n’ai… je n’ai rien à dire… Tu as raison, tu as bien choisi ce qu’il te fallait…


* * *

Georges Duroy et Madeleine Forestier se marient en secret à la Mairie, et se rendent le soir même en Normandie chez les parents de Georges.

Madeleine était déçue, navrée. Pourquoi ? Elle n’ignorait point qu’elle allait chez de petits paysans. Les avait-elle vus de loin plus poétiques ? Non, mais plus littéraires peut-être, plus nobles, plus affectueux, plus décoratifs.

Chapitre 2



Georges Du Roy habite désormais avec Madeleine dans l'ancienne habitation de Forestier. Un soir, Madeleine lui annonce qu'ils reçoivent la visite du comte de Vaudrec. Malgré son appréhension, Du Roy s'entend tellement bien avec lui, qu'à la fin de la soirée on les croirait amis depuis 10 ans.

* * *

Madeleine et Georges rédigent ensemble un article qui marque le début des hostilités du journal contre le ministère. Ils souhaitent le faire tomber au profit de Laroche-Mathieu, un député, un collaborateur de M. Walter, qui souhaite devenir ministre.

Du Roy est alors nommé rédacteur en chef de la rubrique politique. Ayant pris la femme et le poste de son ancien Ami, ses collègues lui font des plaisanteries :
— Hé ! Forestier. Oh ! pardon ; c’est stupide, je te confonds toujours avec ce pauvre Charles.

Georges Du Roy commence alors à sentir une rancune et une jalousie grandissantes à l'égard de son ami mort. Un jour il demande à sa femme :
— Dis donc, Made ? L’as-tu fait cocu, ce pauvre Charles ?
— Mais tu es stupide. Est-ce qu’on répond à des questions pareilles ?
Elle avait dit cela d’un ton si singulier qu’un frisson de froid courut dans les veines de son mari. [...] Il sentait pour la première fois cette angoisse confuse de l’époux qui soupçonne ! Il était jaloux, jaloux pour le mort, jaloux pour le compte de Forestier !


Il se passe alors un changement important dans la psychologie du personnage :
— Je serais bien bête de me priver de quoi que ce soit et de me ronger l’âme comme je le fais. Le monde est aux forts. L’égoïsme pour l’ambition et la fortune vaut mieux que l’égoïsme pour la femme et pour l’amour. »

Dès le lendemain Du Roy fait annoncer au bureau qu'il provoquera en duel quiconque osera encore l'appeler Forestier. Plus personne ne fait la plaisanterie.

Chapitre 3



Du Roy décide de retourner chez son ancienne maîtresse, espérant qu'elle lui aura pardonné son mariage :
— Ça m’a fait de la peine, et puis j’ai compris ta raison, et je me suis dit : « Bah ! il me reviendra un jour ou l’autre. »

Mais Laurine se montre très fâchée :
Elle salua avec cérémonie et se retira d’une façon digne, avec une telle allure de femme outragée, qu’il demeura surpris.

* * *

Un soir, il retrouve chez lui sa femme discutant avec Mme Walter, qui est venue avec ses deux filles, Rose et la jolie Suzanne :
Mme Walter parlait d’une fête caritative que donnait Jacques Rival, un spectacle d'escrime auquel assisteraient des femmes du monde :
— Ce sera très intéressant. Mais nous n’avons personne pour nous y conduire, car mon mari doit s'absenter.

Du Roy accompagne donc Mme Walter à la soirée de Jacques Rival, ce qui crée un premier lien entre eux :
— J’avoue que si je vous connaissais davantage, je vous appellerais Bel-Ami, comme la petite Laurine. Mais nous ne sommes pas assez liés.
— Laissez-moi espérer que nous le deviendrons davantage.


* * *

Le lendemain, il se rend chez elle, et lui fait une déclaration d'amour :
— Je ne pense qu’à vous, depuis hier. Oui, c’est vrai que je vous aime, follement, depuis longtemps. Oh ! si vous saviez...
Il essaye de l'embrasser, mais, bouleversée, elle s'enfuit.


Ce n'est que lors d'une soirée suivante, qu'elle lui donne enfin un rendez-vous, à l'Église de la Trinité.

Chapitre 4



Du Roy arrive un peu avance. Il parvient à séduire Madame Walter avec une déclaration d'amour un peu ridicule.

Pour en savoir plus sur ce passage, je vous invite à voir sur mon site le commentaire vidéo du rendez-vous avec Mme Walter, Partie 2, chapitre 4.

* * *

Au journal, M. Walter lui annonce une bonne nouvelle :
— Le Ministère est tombé. Notre ami Laroche-Mathieu est maintenant aux affaires étrangères. Nous allons devenir une feuille officielle !

Puis, ayant reçu un message de Mme Walter, il la retrouve au parc Monceau, et l'amène dans son appartement, rue de Constantinople.
Dès qu’il eut refermé la porte, il la saisit comme une proie. [...] Tout d’un coup, elle cessa de se débattre, et vaincue, résignée, se laissa dévêtir par lui.

Chapitre 5



La Vie Française a gagné une influence politique considérable. Du Roy est devenu pour ainsi dire, le porte-voix du nouveau ministre :
— Ne soyez pas trop affirmatif dans l’affaire du Maroc. Parlez de l’expédition comme si elle devait avoir lieu, mais en laissant bien entendre que vous n’y croyez pas le moins du monde.

* * *

Du Roy se lasse de sa relation avec Virginie Walter :
Il avait dû venir presque tous les jours chez elle [...] Elle lui serrait la main sous la table, lui tendait sa bouche derrière les portes [...] l'exaspérant par ses maladresses.

Mais lui s’amusait surtout avec Suzanne qui l’égayait par ses drôleries. [...] Elle se moquait de tout le monde, avec un à-propos mordant. Georges excitait sa verve, [...] et ils s’entendaient à merveille.

Cependant, dégoûté de l’amour de la mère, [...] il ne pouvait plus la voir, [...] ni penser à elle sans colère. Il cessa donc d’aller chez elle et de répondre à ses lettres.


Mais un jour il reçoit un télégramme où elle lui demande de la retrouver à 2h, rue de Constantinople, pour une affaire très grave.

* * *

Il vient au rendez-vous désireux de se débarrasser d'elle avant l'arrivée de Clotilde, à 4h.
— Comme tu es cruel pour moi… Qu’est-ce que je t’ai fait ? Tu ne te figures pas comme je souffre par toi !
— Ah ! tu vas pleurer ! C’est pour cette représentation-là que tu m’avais fait venir ?
— Non… je suis venue pour… une nouvelle politique… le moyen de gagner cinquante mille francs… ou même plus… si tu veux.


Et Mme Walter lui explique alors que l'expédition Marocaine est décidée en secret. Les emprunts du Maroc, qui sont au plus bas, vont remonter dès que cette nouvelle sera publique. Elle propose de lui prêter de l'argent pour qu'il puisse participer à cette opération de spéculation. Elle le cajole, et il finit par se laisser convaincre.

Elle frottait lentement sa joue sur la poitrine du jeune homme, [...] et une idée folle lui traversa l’esprit, [...] Elle se mit à enrouler tout doucement un cheveu autour de chaque bouton de son gilet.

* * *

Du Roy reçoit ensuite Clotilde qui découvre les cheveux enroulés :
— Oh ! tu as couché avec une femme qui t’a mis des cheveux à tous tes boutons. [...] Oh ! oh !… c’est une vieille… voilà un cheveu blanc… [...] Alors tu n’as plus besoin de moi… garde l’autre… Adieu.

Sur le chemin du retour, Du Roy apprend que le comte de Vaudrec est mourant. Madeleine est très affectée par cette nouvelle.

Chapitre 6



Madeleine et Georges assistent aux funérailles du comte de Vaudrec, et ils apprennent par le notaire que le comte lègue toute sa fortune à Madeleine.
— Nous ne pouvons pas accepter cet héritage dans ces conditions. [...] Ce serait avouer de ta part une liaison coupable aux yeux du monde ! Non. Il faut laisser entendre, qu’il m'a laissé, à moi ton mari, la moitié de cette fortune.
Elle le regarda d’un regard perçant.
— Comme tu voudras.


* * *

Pour attendrir sa femme, il entre dans une bijouterie et lui offre un bracelet. Il s'achète aussi un chronomètre où il fait graver ses initiales, surmontées d'une couronne de baron.
Madeleine se mit à sourire. Elle le trouvait vraiment adroit et fort. Maintenant qu’il avait des rentes, il lui fallait un titre.

Chapitre 7



Devenu extrêmement riche suite à l'affaire Marocaine, M. Walter rachète un hôtel particulier, et organise une grande soirée pour exposer Le Christ marchant sur les flots, une peinture qu'il vient d'acquérir et qui est considérée comme un chef-d'oeuvre.

Georges Du Roy est jaloux de ce succès, offensé d'avoir été mis de côté dans l'affaire marocaine. Il en veut surtout au ministre, qui a gagné une fortune grâce à lui et continue à dîner à sa table toutes les semaines comme si de rien n'était.

* * *

Arrivé à la soirée de M. Walter, Georges laisse sa femme et retrouve Suzanne :
— Ah ! vous voilà enfin, méchant Bel-Ami. Pourquoi ne vous voit-on plus ? [...] Si vous n’êtes pas là je m’ennuie à mourir.
— Oh ! Vous épouserez quelque beau prince, un peu ruiné, et nous ne nous verrons plus guère.
— Oh ! non, je veux quelqu’un qui me plaise tout à fait. Je suis assez riche pour deux.
— Eh bien ! Promettez-moi une chose ! Consultez-moi toutes les fois qu’on demandera votre main, et n’acceptez personne sans avoir pris mon avis.


Suzanne accepte, et ils arrivent enfin devant le tableau du Christ marchant sur les flots, magnifiquement mis en valeur par l'éclairage de la pièce.

Plus tard dans la soirée, Georges aperçoit sa femme causant avec le ministre :
Jamais il n’irait loin avec cette femme qui faisait sa maison toujours suspecte, [...] et dont l’allure dénonçait l’intrigante. Ah ! s’il avait su ! [...] Quelle belle partie il aurait pu gagner avec la petite Suzanne !

Lors de cette soirée, il rompt définitivement avec Mme Walter, mais il lui promet de renouveler ses visites chez elle, si elle consent à le traiter en ami. Elle accepte, la mort dans l'âme, et lui donne les bénéfices de l'argent qu'elle a placé pour lui dans l'affaire du Maroc.

* * *

De retour chez lui, Madeleine lui transmet, de la part du ministre, la Légion d'Honneur ! Il la reçoit avec dédain.

Mais cette récompense est l'occasion d'une soirée chez les Walter. En regardant le tableau du Christ marchant sur l'eau, Suzanne remarque :
— Mais il vous ressemble, Bel-Ami. [...] S’il était rasé, vous seriez tout pareils tout les deux ! C’est frappant !
Mme Walter était devenue aussi blanche que ses cheveux blancs.


Chapitre 8



Georges Du Roy se rend tous les vendredi chez les Walter, la plupart du temps, sans sa femme, qui se dit fatiguée et préfère rester chez elle.

Mais le mariage des deux filles Walter se précise, Georges décide alors d'annoncer ses intentions à Suzanne.
— Si j’étais libre, m’épouseriez-vous ?
— Oui, Bel-Ami, je vous épouserais, car vous me plaisez beaucoup plus que tous les autres.
— Alors je vous en supplie, ne dites « oui » à personne, attendez encore un peu.


* * *

Le vendredi suivant, Georges fait semblant d'aller chez les Walter, en réalité, il surveille sa femme. Madeleine sort en effet, et se rend rue des Martyrs. Il se rend alors au commissariat :
— Monsieur le commissaire, ma femme dîne avec son amant dans le logement garni qu’ils ont loué rue des Martyrs.
— Je suis à votre disposition, monsieur.


Ils se rendent ensemble sur place et frappent à la porte :
Comme on ne répondait pas, il donna une secousse si violente que la serrure céda, et il tomba sur Madeleine qui se tenait debout dans l’antichambre, les cheveux défaits, les jambes dévêtues, une bougie à la main. [...]
Du Roy qui s’était avancé vivement saisit la couverture, et découvrit la figure livide de M. Laroche-Mathieu.


Après avoir établit le constat avec le commissaire, Georges Du Roy se rend à La Vie Française et annonce à M. Walter :
— Je viens de surprendre M. Laroche-Mathieu en flagrant délit d’adultère avec ma femme. Le ministre est foutu. Je vais faire un écho là-dessus. [...] Il sera terrible pour lui. La Vie Française n’a plus d’intérêt à le ménager.
M. Walter n’en revenait pas ; il hésita quelques instants, puis il en prit son parti :
— Faites, tant pis pour ceux qui se fichent dans ces pétrins-là.


Chapitre 9



Une fois son divorce prononcé, Du Roy commence à envisager de se faire élire en Normandie.

Un jour qu'il accompagne les Walter en sortie à Saint Germain, Georges en profite pour mettre au point son projet de mariage avec Suzanne :
— Eh bien ! il n'y a qu'un moyen, un seul ! Ce soir, en rentrant, vous annoncerez à vos parents que vous voulez m'épouser, votre maman aura une grosse émotion et une grosse colère. Mais vous tiendrez bon. Et puis, si vous êtes bien résolue à être ma femme… Je vous enlèverai !
Suzanne se montre très enthousiaste à cette idée, qui lui semble particulièrement romanesque. On est presque dans du Flaubert !


* * *

À l'heure dite, Suzanne rejoint Georges Du Roy et s'enfuit avec lui. Les Walter réalisent que leur fille a disparu :
— Il la tient. Nous sommes perdus. Il l’a enlevée, il l’a déshonorée. Il faut bien qu’il l’épouse maintenant.
— Non ! non. Jamais je ne consentirai !
— Ah ! le gredin, comme il nous a joués… Il est fort tout de même. Nous aurions pu trouver beaucoup mieux comme position, mais pas comme intelligence et comme avenir. Il sera député et ministre.


Chapitre 10



Quand Georges annonce son mariage à Clotilde, elle est furieuse :
— Quoi, tu trompes tout le monde, et tu veux que je te traite comme un honnête homme ? Crois-tu que je ne sais pas comment tu as volé la moitié de l’héritage de Vaudrec ? Crois-tu que je ne sais pas comment tu as couché avec Suzanne pour la forcer à t’épouser…
Il eût accepté n’importe quoi, mais ce mensonge l’exaspérait. [...] Il se rua sur elle, et, la tenant sous lui, la frappa.
Quand elle arrête de crier, il cesse de la battre et s'en va.


* * *

La Vie Française ayant soulevé beaucoup de curiosité depuis quelque temps, le mariage de son rédacteur en chef fut ce qu’on appelle un fait parisien.

— Vous êtes parmi les heureux de la terre. Vous, Monsieur, que votre talent élève au-dessus des autres, vous qui écrivez, vous qui conseillez le peuple, vous avez une belle mission à remplir, un bel exemple à donner…
Du Roy l’écoutait, ivre d’orgueil. [...] Il devenait un des maîtres de la terre, lui, le fils des deux pauvres paysans de Canteleu.

Lorsqu’il parvint sur le seuil, il aperçut la foule amassée, une foule noire, bruissante, venue là pour lui, pour lui Georges Du Roy. Le peuple de Paris le contemplait et l’enviait.

Puis, relevant les yeux, il découvrit là-bas, derrière la place de la Concorde, la Chambre des députés. [...]

Mais [...] sa pensée maintenant revenait en arrière, et devant ses yeux éblouis par l’éclatant soleil flottait l’image de Mme de Marelle rajustant en face de la glace les petits cheveux frisés de ses tempes, toujours défaits au sortir du lit.


Pour en savoir plus, je vous invite à regarder sur mon site l'analyse de texte en vidéo de la toute fin du roman, Partie 2, chapitre 10.

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