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Lorsqu’il commence à rédiger ses Confessions, Jean-Jacques Rousseau a conscience qu’il commence un projet novateur. Avant d’aboutir à la version que nous avons sous les yeux, il rédige un manuscrit dit de Neuchâtel, dans lequel il écrit : “il faudrait pour ce que j'ai à dire inventer un langage aussi nouveau que mon projet”. Ainsi, l’écriture de ce prologue est extrêmement travaillée, Rousseau veut faire comprendre autant qu’il veut plaire à son public. Il met en place les bases de ce qui deviendra plus tard le genre autobiographique. Il affirme aussi vouloir faire une oeuvre utile pour les philosophes. Les Confessions doivent avoir une dimension exemplaire, devenir “une pièce de comparaison pour l’étude du coeur humain”. De son expérience particulière, Rousseau veut tirer un enseignement pour les humains. Mais le discours de Rousseau n’est pas un discours philosophique, rationnel et logique. C’est justement par le langage des émotions et par la sincérité que Rousseau compte atteindre son but. Il ne cherche pas à faire une démonstration, un raisonnement, au contraire il se donne la liberté d’exprimer ses émotions, et il assume l’aspect subjectif de son témoignage. Au concept de Vérité, Rousseau oppose celui d’authenticité. Pour réaliser cela, il doit préparer son lecteur à entendre à la fois le bien et le mal, il va lui demander de suspendre son jugement. Comment Rousseau, dans ce passage, nous présente un projet littéraire novateur, dont l’intention philosophique débouche sur un discours très personnel, invitant le lecteur dans cette même recherche de l’authenticité.