Couverture pour Voyage au Bout de la Nuit

Louis-Ferdinand CĂ©line
Voyage au bout de la Nuit
Résumé-analyse



Voyage au bout de la Nuit, c'est d'abord une voix. Celle de Ferdinand Bardamu, le personnage narrateur. Il nous entraîne avec lui dans une aventure effroyable en 4 parties : La Première Guerre Mondiale, les colonies, les États-Unis, l'Europe.

Le pessimisme de Céline est total : seuls quelques personnages exceptionnels échappent à la méchanceté et à l'égoïsme généralisé. C'est une philosophie profonde, car son rapport à l'humanité est fondé à la fois sur l'amour et la haine.

On est très loin d'un antisémitisme simpliste comme on peut le voir dans ses pamphlets Bagatelles pour un massacre, L'École des Cadavres. Ces textes médiocres ne doivent pas nous faire passer à côté du chef-d'œuvre.

Première partie - La guerre



Chapitre 1



Ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. C’est Arthur Ganate qui m’a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. [...]

Dès le début du roman, la mise en scène de la parole et le style oral nous entraînent dans un voyage sombre et burlesque. Je vous invite à regarder mon analyse vidéo de l'incipit de Voyage au Bout de la Nuit, Partie 1, chapitre 1.

Mais malgré leur discussion antimilitariste, Bardamu s'engage par fanfaronnade :
— J’vais voir si c’est ainsi ! [...]
— T’es rien c… Ferdinand ! » qu’il me crie Arthur, vexé sans doute par l’effet de mon héroïsme sur tout le monde.
— On verra bien, eh navet ! » que j'ai crié avant qu’on tourne la rue avec le régiment derrière le colonel et sa musique. Ça s’est fait exactement ainsi. [...]


Chapitre 2 et 3



Une fois sur le terrain au milieu de la mitraille, Bardamu réalise la folie de son colonel, et de tous ces soldats prêts à s'entretuer :
Le colonel, c’était donc un monstre ! [...] Avec des êtres semblables, cette imbécillité infernale pouvait continuer indéfiniment…

Céline réhabilite le point de vue du lâche, qui voit mieux que les autres l'absurdité tragique de la guerre moderne. Je vous invite à regarder mon analyse vidéo sur la découverte des horreurs de la guerre Partie 1, chapitre 2.

Il ne faut pas confondre le personnage de Bardamu avec l'écrivain : ce n'est pas un récit autobiographique. Louis-Ferdinand Destouches est mobilisé en 1914. Il est réformé après avoir été blessé au bras lors d'une mission où il s'était porté volontaire. Il reçoit la médaille militaire, et reste profondément marqué par cette expérience de la guerre :
On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ?

Chapitre 4



Une nuit, Bardamu est envoyé en mission de reconnaissance à Noirceur-sur-la-Lys. Arrivé dans le village, il rencontre un réserviste, son régiment a été massacré :
— Moi, tu parles, si j’en ai profité ! “Robinson, que je me suis dit ! [...] C’est maintenant ou jamais qu’il faut que tu les mettes”, Et pour foutre le camp plus vite, j’ai laissé tomber le barda et puis les armes aussi…

Ils entrent alors ensemble dans Noirceur-sur-la-Lys, et rencontrent le Maire, qui se prépare à livrer la ville aux Allemands :
Il s’épuisait en de touchants efforts, le Maire de Noirceur, ardent à nous persuader que notre Devoir était bien de foutre le camp tout de suite à tous les diables [...]

Ils repartent ensuite chacun de son côté.

Chapitre 5



Sans transition, Bardamu est en permission, retourné dans le civil. Il reçoit une médaille militaire et va la montrer au théâtre : c'est comme ça qu'il rencontre une infirmière américaine, nommée Lola.

Lola a une mission très spéciale qui consiste à goûter les beignets aux pommes qui sont servis dans l'Hôpital. C'est un passage ironique, où Lola, malgré sa ferveur patriotique, tremble de sacrifier sa minceur à la France.

Lors d'une sortie dans une fĂŞte foraine, dans le stand de tir, Bardamu fait une crise d'angoisse.
— Sur moi aussi qu’on tire Lola ! [...] Foutez le camp ! on va nous tuer, tous ! » [...]
Un vrai scandale. [...] Lola m’embrassa et aida les gendarmes à m’emmener avec leurs menottes.


Chapitre 6



Bardamu est interné dans un Lycée d'Issy-les-Moulineaux, organisé exprès pour recevoir les soldats devenus fous, et pour traquer ceux qui font semblant.

Un jour, Lola vient rendre visite Ă  Ferdinand. Il lui avoue enfin toute son aversion pour la guerre.
— Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…
— Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… [...] Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, [...] parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.


Choquée, Lola ne vient plus jamais le voir.

Dans l'hôpital, Bardamu rencontre Princhard, un ancien prof d'Histoire Géo devenu caporal, interné pour cleptomanie. Avant d'être renvoyé au front, Princhard explique comment le peuple est devenu de la chair à canon gratuite.

Chapitre 7



Chaque semaine, Bardamu se rend chez une lingère-gantière-libraire, Mme Hérote, une sorte d'entremetteuse qui utilise sa boutique comme lieu de rendez-vous. C'est là qu'il tombe amoureux d'une petite musicienne appelée Musyne :
Un jour elle m’en revint [...] munie d’un brevet d’héroïsme, signé par l’un de nos grands généraux [...] Dans la colonie argentine, elle devint [...] extrêmement populaire. On en raffola de ma Musyne, violoniste de guerre si mignonne [...] et puis héroïne par-dessus le marché.
Musyne finit par le quitter pour les riches argentins.


À la suite de cette histoire d'amour, Bardamu est envoyé dans le service du docteur Bestombes.

Là-bas, les patients rivalisent de patriotisme. Le plus doué, c'est Branledore, le compagnon de chambre de Bardamu :
S’il y avait un médecin ou une infirmière à passer par là, il hurlait : « Victoire ! Victoire ! Nous aurons la Victoire ! » [...] Il le possédait, le truc, lui.

Un jour, Bardamu se résout à faire part au docteur Bestombes, de ses difficultés à se montrer brave :
— Cette confidence que vous venez me faire, je la considère, Bardamu, comme une amélioration notable de votre état mental [...] C’est ainsi que j’entends traiter mes malades, Bardamu, par l’électricité pour le corps et pour l’esprit, par de vigoureuses doses d’éthique patriotique !

Chapitre 8



À l'hôpital, Bardamu rencontre une belle comédienne et lui raconte des exploits inventés qui sont bientôt mis en vers par un poète, et représentés à la Comédie Française :
Ma rousse, frémissante récitante, le geste grandiose, [...] illustrait à ce moment là un fantastique trait de bravoure que je m’étais attribué. [...] La salle entière tournée vers nous, transportée, réclamait le héros.

Mais c'est Branledore qui s'attribue tout l'héroïsme du récit inventé par Bardamu, et le poète lui souffle sa superbe comédienne.

Chapitre 9



Bardamu retrouve un ancien collègue, Jean Voireuse, avec qui il a travaillé, un temps, dans la bijouterie de M. Puta. Ensemble ils rendent visite à leur ancien patron qui leur donne 20F chacun et les congédie poliment.

Puis Voireuse propose à Bardamu d'aller voir les vieux parents d'un copain mort au combat. Ils habitent une espèce de château. En arrivant, ils croisent Robinson qui leur annonce une mauvaise nouvelle :
— Elle s'est pendue hier la vieille ! Tu parles d’une noix, dis donc ! [...] Moi qui l’avais comme marraine !… C’est bien ma veine hein ! »

Les trois se quittent après quelques verres. Bardamu apprend plus tard que Jean Voireuse a fini dans un sanatorium en Bretagne à cause du gaz moutarde.

Chapitre 10



Finalement Ferdinand est considéré comme irrécupérable par l'armée. Il s'embarque alors pour l'Afrique, sur l'Amiral Bragueton. Comme il n'est ni soldat, ni fonctionnaire, on le soupçonne d'être un embusqué. Devant tous les passagers rassemblés, Bardamu est provoqué en duel par le capitaine Frémizon :
— Au nom des passagers de ce bateau justement indignés par votre inqualifiable conduite, j’ai l’honneur de vous demander raison !… »
— Capitaine ! Quelle extraordinaire erreur vous alliez commettre ! [...] Comment me prêter à moi, les sentiments d’une semblable perfidie ? [...] Moi hier encore défenseur de notre chère patrie ! [...] Vive la France ! Vive la France ! »


Il est bien difficile [...] de gifler un civil, publiquement, au moment où celui-ci crie si fortement que je venais de le faire : « Vive la France ! » Cette hésitation me sauva.

Deuxième partie - L'Afrique



Chapitre 11



Ferdinand débarque enfin dans la colonie de Bambola Bragamance. Il décrit alors les conflits permanents entre les fonctionnaires, les militaires et les commerçants. C'est cela qui permet au Gouverneur de tout contrôler. Pour en savoir plus sur cette description satirique des colonies, je vous invite à voir mon analyse vidéo du chapitre 11, deuxième partie.

À Bikomimbo, Ferdinand rencontre un tenancier de comptoir, raciste et dévoré par une maladie de peau, le Corocoro. On découvre la manière dont il mène son commerce avec les indigènes.

Une famille indigène arrive un jour au comptoir. En échange de leur caoutchouc, il leur donne un grand mouchoir très vert avant de les renvoyer avec des coups de pieds.

Pesée faite, notre gratteur entraîna le père, éberlué, derrière son comptoir [...] et puis lui enferma dans le creux de la main quelques pièces en argent.

Tous les petits amis blancs s’en tordaient de rigolade, tellement il avait bien mené son business.
Le nègre restait planté penaud devant le comptoir [...]
— Toi, y a pas savoir argent ? Sauvage, alors ? [...] Qu’est-ce que tu veux ? »
Il lui reprit l’argent d’autorité et à la place des pièces lui chiffonna dans le creux de la main un grand mouchoir très vert [...]


Chapitre 12



Ferdinand s'embarque ensuite pour Topo où il rencontre le lieutenant Grappa, qui dirige les régions avoisinantes. Le sergent Alcide s'occupe d'entraîner des troupes de miliciens.

Un jeudi, le lieutenant Grappa invite Ferdinand à assister aux audiences de son tribunal. Mais impatienté, il finit par condamner un vieil homme à recevoir 20 coups de chicote :

La chose exécutée, le vieux tout sanguinolent fut emmené par la foule bourdonnante de mille commentaires. Le lieutenant Grappa ralluma son cigare [...]
— Ah ! s’ils savaient tous comme je m’en fous de leurs litiges [...] Depuis deux ans que j’essaye de les en dégoûter de ma justice, ils reviennent pourtant chaque jeudi… Des vicieux, quoi !… »

Un jour que Ferdinand rend visite à Alcide, il tombe sur la photo d'une petite fille. C'est sa nièce :
— Ils sont morts tous les deux ses parents… Je la fais élever à Bordeaux chez les Sœurs. Mais puisque c’est moi qui m’en occupe, je veux que rien lui manque ! Ginette qu’elle s’appelle… Elle m’écrit, elle fait des progrès, seulement, tu sais, les pensions comme ça, c’est cher… »

Ainsi, demandait-il à redoubler son séjour à Topo [...] Il offrait donc sans presque s’en douter à une petite fille vaguement parente des années de torture dans cette monotonie torride, [...] sans intérêt que celui de son bon cœur. [...] Il avait pourtant l’air bien ordinaire. Ça serait pourtant pas si bête s’il y avait quelque chose pour distinguer les bons des méchants.

Chapitre 13



Pour retrouver son poste dans la forêt, Ferdinand remonte le fleuve en pirogue pendant une dizaine de jours. Un fois arrivé sur place, il rencontre son prédécesseur. Il ne reconnaît pas tout de suite Robinson, qui lui raconte les conditions de vie qui l'attendent :
— Allez donc, vous serez moins mal encore ici qu’à la guerre ! [...] On bouffe mal, c’est exact, et pour boire, c’est une vraie boue, mais on peut dormir tant qu’on veut… Pas de canons ici mon ami ! [...] Le jour c’est la chaleur, mais la nuit, c’est le bruit qui est le plus difficile à supporter… [...] C’est les bestioles du bled et les hyènes qui viennent là tout près de la case…

Ferdinand se renseigne aussi un peu sur le commerce :
– Ah ! Faut les voler avant qu’ils vous volent, c’est ça le commerce et voilà tout ! [...]
– Mais, et l’inventaire ? [...]
– Vous lui répondrez au Directeur qu’il n’y avait plus rien, et s’il refuse de vous croire, eh bien, ça n’aura pas grande importance !… On nous considère déjà tous solidement comme des voleurs, de toutes les manières !


Robinson s'enfuit pendant la nuit avec la caisse, laissant Ferdinand avec 300F, des boîtes de cassoulet, et quelques domestiques recrutés dans les tribus voisines. Rapidement, Ferdinand tombe malade :
Aussitôt que je sentais un peu de mieux poindre, [...] l’abominable peur me ressaisissait [...] d’avoir à rendre mes comptes à la « Société Pordurière ». [...] J’en arrivais à ne plus prendre de quinine pour bien laisser la fièvre me cacher la vie. On se saoule avec ce qu’on a.

La case est progressivement détruite par des pluies diluviennes. Fiévreux, exténué, Ferdinand met le feu à sa case et s'enfuit dans la forêt sur les traces de Robinson.

Chapitre 14



Transporté sur une civière à travers la forêt, Ferdinand arrive enfin à San Tapeta, où il est confié à un curé qui le soigne. Très faible, il finit par s'évanouir :
C’est par les odeurs que finissent les êtres, les pays et les choses. Toutes les aventures s’en vont par le nez. J’ai fermé les yeux parce que vraiment je ne pouvais plus les ouvrir. Alors l’odeur âcre d’Afrique, nuit après nuit s’est estompée.

Quand Ferdinand se réveille, il réalise qu'il est embarqué dans une galère, l'Infanta Combitta :
Le capitaine avait eu quelque audace en m’achetant, même à vil prix à mon curé au moment de lever l’ancre. [...] Il avait spéculé sur l’action bénéfique de l’air de la mer pour me ravigoter et il allait gagner puisque j’allais mieux déjà et je l’en trouvais bien content :
— Bientôt, merdailleux, vous pourrez ramer avec les autres !


Troisième partie - Les États-Unis



Chapitre 15



Ferdinand découvre New York avec stupéfaction. La première image qu'il en a, c'est une ville debout, dressée dans la brume.
Pour en savoir plus, je vous invite à regarder mon analyse vidéo sur l'arrivée à New York, Chapitre 15, troisième partie.

Comme il sait compter les puces, Ferdinand est emmené au « Surgeon General » qui commande la station de quarantaine où sont triés les immigrés :
— Allons, allons ! Il en est venu avant vous [...] de ces anarchistes d’Europe qui nous ont raconté des bobards [...] Trêve de vantardises !… Demain on vous essayera à Ellis Island ! Mr. Mischief me dira si vous avez menti.

À Ellis Island, Ferdinand fait un travail remarquable, reconnu par son supérieur, M. Mischief. Il est même promu à la navette des statistiques pour aller porter les additions en ville. Mais il se fait piéger par la pluie.
Sous la pluie en trombe mes statistiques me fondirent progressivement dans la main. [...] Je me hâtai, transi, dans [une rue] bien crasseuse et remplie de ténèbres, où cheminaient des pauvres qui m’emmenèrent avec eux comme une ombre.

Chapitre 16



Ferdinand découvre Manhattan :
C’est un quartier qu’en est rempli d’or, un vrai miracle, et même qu’on peut l’entendre le miracle à travers les portes des banques avec son bruit de dollars qu’on froisse [...] J’ai eu tout de même le temps d’aller les voir ces employés qui gardaient les espèces. Ils sont tristes et mal payés.

Ă€ Manhattan, Ferdinand prend une chambre dans un hĂ´tel, gigantesque et glacial, le Laugh Calvin. La nuit tombe et il observe aux fenĂŞtres les gens qui se couchent dans l'immeuble d'en face:
On aurait dit des grosses bêtes bien dociles, bien habituées à s’ennuyer.

Ferdinand sort dans la rue pour conquérir le sommeil, il se rend au cinéma, regarde un film pornographique puis rentre se coucher :
Dans ma chambre, à peine avais-je fermé les yeux que la blonde du cinéma venait me rechanter encore [...] sa mélodie. [...] Je n’étais plus tout à fait seul… Il est impossible de dormir seul…

Chapitre 17



Ferdinand ressent de plus en plus la solitude. Il se rend alors dans un fast-food, oĂą il croise le regard d'une serveuse :
— Mademoiselle, vous me connaissez fort peu, mais moi déjà je vous aime, voulez-vous que nous nous mariions ?…
Sa réponse ne me parvint jamais, car un géant de garde [...] survint à ce moment précis et me poussa dehors. [...]


Chapitre 18



Ferdinand se met Ă  la recherche de Lola, dans l'espoir qu'elle lui donne un peu d'argent.
Elle en vint à me questionner sur ce que je pensais de son Amérique.
Je lui confiai que [...] son pays il m’épouvantait tout bonnement [...] surtout par l’énorme indifférence à mon égard qui le résumait à mon sens. J’avais à gagner ma croûte, [...] et si je ne trouvais pas quelques dollars à l’instant même, je ne coucherais nulle part.

Pendant que Lola cherche quelques billets au fond de son sac, Ferdinand relance la conversation, en lui demandant des nouvelles de sa mère.
— Elle est malade ma mère, elle souffre d'un cancer au foie… Le traitement coûte très cher, mais les spécialistes m'ont promis qu'ils la sauveront.
— Pour le pognon, Lola, il y aura toujours de très grands médecins, mais les cancers du foie sont absolument inguérissables. [...]
— Ferdinand, vous n'êtes rien qu’un abominable méchant !… [...] Prenez ! tenez ! voilà vos cent dollars ! Foutez-moi le camp et ne revenez jamais !… Out ! Out !


Chapitre 19



Avec l'argent de Lola, Ferdinand se rend à Detroit, et il fait la queue devant une usine Ford, dans l'espoir d'avoir un travail. Il finit par être reçu par le médecin examinateur :
— Vous êtes bien mal foutu, mais ça fait rien !
— Vous savez, monsieur, j’ai de l’instruction et même j’ai entrepris autrefois des études médicales…
— Ça ne vous servira à rien ici vos études, mon garçon ! [...] Ne nous parlez plus jamais de votre intelligence ! On pensera pour vous, tenez vous-le pour dit. »


Arrivé parmi les machines il découvre le travail à la chaîne :
On voudrait bien arrêter tout ça pour qu’on y réfléchisse, et entendre en soi son cœur battre facilement, mais ça ne se peut plus. Ça ne peut plus finir.

Ferdinand se met à fréquenter un bordel. C'est là qu'il rencontre Molly, qui essaye de le motiver à faire quelque chose de sa vie :
— N’allez donc plus chez Ford ! Cherchez-vous plutôt un petit emploi dans un bureau… Comme traducteur par exemple, c’est votre genre…

Un soir, dans le tramway, il retrouve Robinson qui est devenu nettoyeur de nuit :
— J'aurais bien essayé de me placer chez Ford mais mes papiers sont vraiment trop faux : pour ça, les équipes de nettoyages sont pas difficiles… C'est une espèce de légion étrangère de la nuit.

Quand Ferdinand parle Ă  Molly de rentrer en France, elle essaye de le convaincre de rester, mais c'est en vain :
— On ne sera pas malheureux ensemble, Ferdinand [...] On placera nos économies… On sera comme tout le monde…

Pour la quitter il m’a fallu certes bien de la folie et d’une sale et froide espèce. [...] Et si la mort, demain, venait me prendre, je ne serais jamais tout à fait aussi froid, vilain, et lourd que les autres, tant de gentillesse et de rêve Molly m’a fait cadeau dans le cours de ces quelques mois d’Amérique.

Quatrième partie - L'Europe



Chapitre 20



De retour en France, Ferdinand termine ses études de médecine et s'installe en banlieue parisienne à la Garenne-Rancy.

Un matin, dans la rue, Ferdinand rencontre BĂ©bert. C'est le neveu de la concierge, enfant fragile et naĂŻf.
Teint trop verdâtre, pomme qui ne mûrira jamais, Bébert. Sur sa face livide dansotait cet infini petit sourire d’affection pure que je n’ai jamais pu oublier. Une gaieté pour l’univers.

Pour en savoir plus sur Bébert. Je vous invite à découvrir mon commentaire de texte sur le chapitre 20, Partie 4.

Arrive alors la concierge, la tante de BĂ©bert, qui lui conseille d'aller voir les Henrouille, rue des Mineures.

Chapitre 21



Les Henrouille sont un couple de vieux retraités, qui se sont donné du mal toute leur vie pour rembourser leur maison. M. Henrouille est donc maintenant préoccupé par ses acouphènes, et Mme Henrouille veut se débarrasser de sa belle-mère qui vit recluse dans un cabanon au fond du jardin.
— Y a plus moyen de la faire sortir !… Elle veut pas qu’on s’occupe d’elle… [...] Il fait froid chez elle et y a pas de feu… [...] N’est-ce pas Docteur, qu’il vaudrait bien mieux qu’elle aille chez les Sœurs…
— Chez les Sœurs ?… Pourquoi que j’irais pas chez le curé pendant que vous y êtes !… Personne ! Nulle part !…
— Écoutez-la Docteur, maintenant qui délire, c’est de la folie ça Docteur ! Comment voulez-vous que nous la gardions ici ?
— Qu’est-ce qu’il en sait celui-là si je suis folle ? [...] C'est toi, canaille, qu’iras en prison que je te dis moi ! »
Ferdinand est obligé de battre en retraite sans demander son reste.


Chapitre 22



Juste en sortant de chez les Henrouille, Ferdinand apprend que la fille du cinquième a des complications suite à son 3e avortement. Il est accueilli par la mère :
— Qu’ai-je pu faire au ciel, Docteur, pour avoir une fille pareille ! J'en mourrai de honte !
Pendant qu’elle provoquait le Ciel et l’Enfer [...] je voyais se former sous le lit de la fille une petite flaque de sang [...]
Je hasardai un conseil de transport immédiat dans un hôpital pour qu’on l’opère en vitesse. Ah ! malheur de moi ! [...] Je lui ai fourni sa plus belle réplique, celle qu’elle attendait.
— L’hôpital ! Il ne nous manquait plus que cela ! C’est un comble ! Non, Docteur, promettez-moi que vous ne direz rien à personne ?
Je promettais tout ce qu'on voulait. Je tendis la main. Ce fut vingt francs.


On retrouve souvent chez Céline ces personnages qui préfèrent jouer un rôle dramatique, plutôt que d'agir réellement.

Chapitre 23



Robinson réapparaît brusquement dans la vie de Ferdinand, mais on ne sait pas exactement comment :
De le rencontrer à nouveau, Robinson, ça m’avait donc donné un coup et comme une espèce de maladie qui me reprenait.

Ferdinand est appelé au numéro 12 de la rue Saint Vincent pour soigner un bébé. Mais le petit se met à hurler :
Excédé, je ne sus me retenir de leur faire part tout haut de ce que j’éprouvais de rancœur depuis trop longtemps.
— Eh ! Ménage-toi, petit crétin, [...] Il en restera bien du malheur assez pour te faire fondre les yeux et la tête [...] si tu ne fais pas attention !


Ferdinand est jeté dehors par les parents du petit. Sa réputation dans le quartier tombe au plus bas.

Chapitre 24



Après Pâques, Bébert tombe malade :
Elle a duré des semaines la maladie de Bébert. J’y allais deux fois par jour pour le voir. Les gens du quartier m’attendaient devant la loge [...] C’était comme une distraction pour eux. [...] Une espèce de typhoïde maligne c’était, contre laquelle tout ce que je tentais venait buter, les bains, le sérum, les vaccins… Rien n’y faisait.

Ferdinand va donc chercher conseil auprès d'un grand spécialiste de la Typhoïde, le docteur Parapine :
— Parmi tant de théories vacillantes, d’expériences discutables, la raison commanderait au fond de ne pas choisir ! Faites donc au mieux allez confrère ! Puisqu’il faut que vous agissiez, faites au mieux !

Chapitre 25



Ferdinand se promène sur les quais de Seine, préoccupé par le cas de Bébert. Chez un bouquiniste, il tombe sur une lettre de Montaigne, qui justement essaye de consoler sa femme de la mort de leur fils :
T’en fais pas va, ma chère femme ! [...] j’ai justement retrouvé [...] une certaine lettre que Plutarque envoyait à sa femme dans des circonstances pareilles… Je l’ai trouvée si joliment bien tapée sa lettre ma chère femme, que je te l’envoie sa lettre !… [...] Lisez-la bien ! [...] Je suis certain qu’elle va vous remettre d’aplomb !…
Vostre bon mari. Michel.


Chapitre 26 et 27



On apprend très rapidement que Bébert est mort.
Le coup du décès de Bébert ne m’avait pas fait du bien non plus dans les environs. Cependant la tante ne m’en voulait pas. On pouvait pas dire qu’elle ait été méchante la tante dans la circonstance, non.

Un jour, Ferdinand trouve la vieille mère Henrouille dans la salle d'attente :
Elle s’était décidée d’elle-même à venir me rendre une visite. C’était pas bête. Et puis elle est revenue souvent pour me demander si je croyais vraiment moi qu’elle était folle. [...] Je lui ai promis de pas insister pour le certificat.

Robinson vient aussi le consulter. Il tousse beaucoup parce qu'il travaille dans les acides. Il aimerait bien changer de métier et il finit par avouer que les Henrouille sont prêts à le payer pour qu'il assassine la belle-mère, la vieille Henrouille.
Puisque la vieille avait repris l’habitude de sortir de chez elle, on l’enverrait un beau soir porter à manger aux lapins… Le pétard y serait bien disposé… Il lui partirait en pleine face dès qu’elle toucherait à la porte… [...] Elle passait déjà pour folle dans le quartier, l’accident ne surprendrait personne…

Chapitre 28



Un soir, Ferdinand est appelé chez les Henrouille. Arrivé sur place, il se rend compte que le plan de Robinson s'est retourné contre lui, il s'est pris un coup de chevrotine dans le visage. La vieille Henrouille est déchaînée :
— Il est là-haut, il est sur son lit, l’assassin ! Il l’a même bien sali son lit, [...] avec son sang de cochon ! [...] Ah il y en a qui vont au Théâtre pour se faire des émotions ! Mais je vous le dis : il est ici le Théâtre ! [...]

Chapitre 29



Ferdinand rend souvent visite Ă  Robinson chez les Henrouille, pour renouveler son bandage. Un jour, Robinson s'approche de la fenĂŞtre :
— Bardamu ! Elle est ouverte ! Elle est ouverte la fenêtre que je te dis ! »
Il ne voyait rien évidemment, mais il sentait l’air. Il les allongeait alors ses bras comme ça dans son noir tant qu’il pouvait, comme pour toucher le bout. [...] Je l’ai repoussé dans son lit et je lui ai raconté encore des consolations, mais il pleurait. Il était arrivé au bout lui aussi.


Chapitre 30 et 31



Ferdinand est nommé dans un dispensaire de tuberculeux. C'est là qu'il rencontre l'abbé Protiste, qui effectue pour Mme Henrouille des démarches pour caser la vieille et Robinson quelque part. Il leur avait justement trouvé une activité honnête à Toulouse :
Un commerce pas plus méchant qu’un autre, voilà ce qu’on leur offrait à Robinson et à la vieille en définitive. Une espèce de cave à momies que c’était, si je comprenais bien. On la faisait visiter la cave au-dessous d’une église, moyennant obole. Des touristes. Et une véritable affaire, qu’il m’assurait Protiste.

Chapitre 32 et 33



Robinson est parti à Toulouse avec la vieille Henrouille. Ferdinand quant à lui quitte Rancy et se retrouve embauché dans un cinéma :
Le Tarapout m'a attiré. Il est posé sur le boulevard comme un gros gâteau en lumière. [...] Pendant l'entracte, j'apprends qu’on cherchait justement un Pacha pour la figuration de l’intermède. Un rôle muet, [...] entouré par une magnifique volée de danseuses anglaises. [...] Tout à fait mon genre et ma nécessité.

Mais Ferdinand finit par être dégoûté du Tarapout à cause d'une simple chanson d'amour :
Pendant qu’elles chantaient, je ne pouvais plus penser à autre chose moi qu’à toute la misère du pauvre monde et à la mienne surtout [...] Un petit chagrin qu’elles appelaient ça ! On prend tout pour des chagrins d’amour quand on est jeune et qu’on ne sait pas…

Chapitre 34



M.Henrouille est très malade. Sa femme demande à Ferdinand de lui enlever son ratelier, mais il meurt trop rapidement. Mme Henrouille reste très fâchée contre Ferdinand :
— En or ! qu’il était Docteur… Je sais combien il l’a payé !… On n’en fait plus des comme ça !…

Chapitre 35



Ferdinand décide d'aller à Toulouse pour prendre des nouvelles de Robinson et de la vieille.

Arrivé au caveau de l'église Sainte Éponime, Ferdinand rencontre la fiancée de Robinson, Madelon. Il la séduit avec des histoires, et ils couchent ensemble dans le caveau.

Chapitre 36



Ferdinand retrouve Robinson, mais il passe son temps à se plaindre. Ferdinand essaye de lui faire voir le bon côté des choses :
— Mais on s’occupe de toi ! [...] T'en es sorti pas mal du tout d’une foutue sale affaire, je t’assure !… [...] Et t’as trouvé en plus la petite Madelon qui veut bien de toi… Tout malade que t’es !…
— T’as l’air de dire que je sais pas trop de quoi que je me plains hein ? Mais il me reste plus que ça… On n’est pas forcé de m’écouter.


La vieille Henrouille quand Ă  elle est parfaitement Ă  l'aise Ă  faire la guide touristique dans son caveau parmi les cadavres :
Elle vous les regardait en plein visage, si ridée et si ratatinée déjà elle-même qu’elle était comme une des leurs avec sa lanterne à venir bavarder en plein dans leur espèce de figure.

Chapitre 37



En se promenant le long d'une rivière, Ferdinand, Robinson et Madelon croisent une péniche. Ils sont même invités par le propriétaire à rejoindre leur petite fête :
Nous attribuâmes généreusement la cécité de Robinson à la guerre. Dès lors, nous fûmes bien installés, haussés socialement et patriotiquement [...] Ils se mirent, les invités, à nous trouver tous les trois intéressants au possible.

En quittant la fĂŞte, Ferdinand s'Ă©loigne du couple, et il les entend parler :
— Peut-être que quand tu auras retrouvé la vue tu m’aimeras plus autant ?… Tu te mettras à les aimer toutes les autres femmes ?… Comme les copains ?… [...]
— Mais pas du tout ! Qu’est-ce qui te fait croire que je suis comme lui ?… [...] Je suis pas un salaud moi !


Chapitre 38



Alors que Ferdinand finit ses valises on l'appelle dans la rue : la vieille Henrouille s'est cassé la tête dans les marches du caveau.
J’ai pas eu besoin de réfléchir longtemps. J’ai filé, tout droit, vers la gare. On s’est pas fait d’adieux.

Chapitre 39 et 40



De retour à la Garenne-Rancy, Ferdinand rencontre Parapine, qui lui propose un poste dans un asile psychiatrique à Vigny-sur-Seine, avec un grand jardin où se promènent les fous.

Le directeur, M. Baryton, critique les nouvelles méthodes de la psychiatrie :
Au moment où j’ouvris mon Asile [...] La mode n’était pas encore venue de délirer sous prétexte de mieux guérir ! [...] Ces favoris de la psychiatrie récente, à coups d’analyses superconscientes nous précipitent aux abîmes… Tout simplement !

Un jour, Baryton demande à Ferdinand de donner des cours d'anglais à sa fille Aimée. En fait c'est Baryton qui prend goût à l'Anglais :
À mesure que se développait chez le père la passion d’apprendre l’anglais, Aimée avait de moins en moins l’occasion de se débattre avec les voyelles. Baryton me prenait tout entier. [...] Il me pompait tout mon anglais.

Un jour, il fait venir Ferdinand dans son cabinet directorial, et il lui annonce qu'il a décidé d'aller vivre en Angleterre :
— Je pars Ferdinand ! Oh vos larmes, bienveillant ami, ne sauraient atténuer mon définitif dégoût pour cette maison qui me retint pendant tant d'années ! Vous en prendrez la direction, Ferdinand !… N’avez-vous pas toujours entretenu d’excellents rapports avec notre clientèle ?… [...] Parapine s’occupera des appareils et du laboratoire… Ainsi tout est réglé sagement…

Chapitre 41



L'abbé Protiste de retour félicite Bardamu pour sa promotion. Il lui raconte que la vieille Henrouille est morte, tombée dans les escaliers du caveau. Il laisse entendre que c'est Robinson qui l'a poussée :
— Votre ami, Docteur, en dépit d’une vie matérielle devenue agréable et des perspectives d’un heureux mariage prochain, déçoit toutes nos espérances, je dois vous l’avouer… N’est-il pas repris par ce goût funeste pour les escapades que vous lui connûtes en d’autres temps ?

Un après-midi, Ferdinand tombe sur Robinson, à l'estaminet des Mariniers. Robinson lui avoue qu'il a tué la vieille avec la complicité de Madelon. Puis il lui raconte comment il a retrouvé la vue et décidé de quitter Madelon :
— Fallait que ça finisse ! Elle se tenait plus d’amour et elle était butée. [...] Je me suis tiré en douce… [...] Mais elle est capable de tout… On serait plus tranquilles si elle me trouvait enfermé avec les fous… Je pourrai faire celui qui ne comprend plus rien…

Chapitre 42



Un jour lors d'une partie de cartes, Gustave Mandamour, l'agent de trafic, leur annonce :
— Messieurs, si j’étais vous, je ferais attention ! Il y a une brune entre autres qui passe devant votre maison bien trop souvent à mon sens !…

Cette nouvelle est un choc pour Robinson, il tombe gravement malade. Un jour, Madelon se présente effectivement à la porte de l'asile :
— Si c’est Léon que vous désirez revoir, j’aime autant vous prévenir tout de suite que c’est pas la peine d’insister… Il est malade des poumons et de la tête… Assez gravement d’ailleurs…

Madelon insiste, il lui colle deux gifles, elle s'enfuit.

Chapitre 43



Ferdinand se rend compte un jour que Robinson revoit Madelon après son travail, mais il décide de ne pas s'en mêler.

Ayant besoin d'une nouvelle infirmière, Ferdinand recrute une splendide masseuse slovaque du nom de Sophie qui devient son amante. Un jour, Sophie lui conseille de se réconcilier avec Madelon :
— Ça doit être une gentille fille au fond… Seulement toi, tu l’as provoquée et tu as été tout à fait brutal avec elle !… Tu lui dois des excuses et même un joli cadeau pour lui faire oublier…

Ferdinand va donc parler de son projet de réconciliation à Robinson, et ils décident d'aller ensemble à la fête foraine avec Sophie et Madelon.

Chapitre 44



Malheureusement, la sortie à la fête foraine tourne au désastre :
D’étalages en groupes, et de manèges en loteries, à force de déambuler, nous y étions parvenus au bout de la fête. Demi-tour donc ! En revenant sur nos pas, on a mangé des marrons [...] Comme un fait exprès, Madelon est tombée sur un asticot. C’est même à partir de ce moment-là que les choses se sont mises à ne plus aller du tout [...] le coup du marron ça l’a rendue absolument furieuse.

Ferdinand propose alors de quitter la fĂŞte pour retourner souper Ă  Vigny. Dans le taxi, Madelon laisse Ă©clater sa jalousie :
— Tu l’as méprisé mon rêve Léon ! Tu l’as sali !… Tu peux dire que tu l’as détruit mon idéal… Tu veux donc que j’y croie plus à l’amour dis ?… C’est bien ça que tu veux ?…
— Si tu veux tout savoir… Eh bien, c’est tout, qui me répugne et qui me dégoûte à présent ! Pas seulement toi !… Tout !… L’amour surtout !… [...] Et tous les sentiments que tu vas chercher pour que je reste avec toi collé, ça me fait l’effet d’insultes si tu veux savoir…


Madelon furieuse sort un revolver et tire sur Robinson, le chauffeur s'arrĂŞte, Madelon s'enfuit en courant. Ferdinand et Sophie transportent Robinson jusqu'Ă  l'hĂ´pital, il agonise:
— C’est mieux que ça se finisse comme ça…
Il nous tenait par la main. Chacun une. [...] La pâleur lui est montée du cou et lui a pris toute la figure. Il a fini en étouffant. [...] Dans la chambre ça faisait comme un étranger à présent Robinson, qui viendrait d’un pays atroce et qu’on n’oserait plus lui parler.


Chapitre 45



Parapine et Mandamour trimbalent Robinson sur une civière. Ferdinand les regarde s'éloigner et pense aux dernières paroles de Robinson :
J’en avais pas acquis moi une seule idée bien solide comme celle qu’il avait eue pour se faire dérouiller. [...] Combien il m’en faudrait à moi des vies pour que je m’en fasse ainsi une idée plus forte que tout au monde ? C’était impossible à dire !

Pour ce passage, je vous invite à consulter mon commentaire vidéo sur la fin du Voyage au bout de la nuit, chapitre 45, troisième partie.

Le roman se termine dans le bistrot de Vaudescal. Gustave essaye de raconter l'affaire, mais il a trop bu, il renverse le poĂŞle et il se met Ă  danser dans les charbons en flamme.
On l’a repoussé Mandamour tout au bout de la table. Il s’est écroulé là, finalement, bien sage, parmi les soupirs énormes et les odeurs. Il a dormi.

De loin, le remorqueur a sifflé [...] Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne, et nous, tout qu’il emmenait, la Seine aussi, tout, qu’on n’en parle plus.


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